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Intelligence artificielle

A l’issue du sommet en Inde, des dizaines de pays appellent à une «IA sûre, fiable et robuste»

Dans une déclaration commune, 86 pays dont les Etats-Unis et la Chine appellent à promouvoir une intelligence artificielle «digne de confiance» pour en «maximiser les bénéfices sociaux et économiques».

Le patron de Google, Sundar Pichai, le ministre indien Ashwini Vaishnaw et le secrétaire d'Etat à la Croissance économique des Etats-Unis, Jacob Helberg, à New Delhi, vendredi 20 février. (AP)
Publié aujourd'hui à 12h08

Des dizaines de pays, dont les Etats-Unis et la Chine, ont appelé à une intelligence artificielle «sûre, digne de confiance et robuste», dans une déclaration commune publiée samedi à l’issue du sommet sur l’IA à New Delhi. La veille, les Etats-Unis avaient rejeté l’idée d’une gouvernance mondiale de l’IA.

«Promouvoir une IA sûre, digne de confiance et robuste est essentiel pour instaurer la confiance et maximiser les bénéfices sociaux et économiques», affirme le texte signé par 86 pays et deux organisations internationales.

La déclaration ne comporte aucun engagement concret, mais met en avant plusieurs initiatives volontaires et non contraignantes, notamment pour mutualiser les capacités de recherche en IA au niveau international.

«Nous pensons que le potentiel de l’IA ne se réalise pleinement que lorsque ses bénéfices sont partagés par l’ensemble de l’humanité», affirme la déclaration publiée à l’issue de ce sommet de cinq jours. Elle qualifie l’avènement de cette l’IA de «point d’inflexion dans la trajectoire de l’évolution technologique».

«Engagements»

«Les engagements pris ne sont pas complètement insignifiants ; l’essentiel est qu’il y ait des engagements, tout simplement», a aussitôt réagi auprès de l’AFP Stuart Russell, éminent chercheur en informatique. «J’espère que tous les pays pourront s’appuyer sur ces accords […] pour élaborer des engagements juridiques contraignants visant à protéger leurs populations, afin que le développement et le déploiement de l’IA puissent se poursuivre sans faire peser de risques inacceptables», a poursuivi Stuart Russell.

Des dizaines de délégations, venues du monde entier, se sont retrouvées cette semaine dans la capitale indienne pour discuter notamment de la manière d’encadrer cette technologie à l’essor fulgurant. Le Premier ministre indien Narendra, le Président français Emmanuel Macron, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres et les plus grands patrons de la «tech», dont Sam Altman, d’Open AI, sont intervenus au cours du sommet qui s’est ouvert jeudi.

Parmi les sujets brûlants figuraient les avantages sociétaux de la traduction multilingue par IA, les menaces pesant sur l’emploi et le problème de la consommation énergétique des centres de données.

Pendant les débats, deux façons différentes de gérer le développement de l’IA se sont opposées. Antonio Guterres, avait confirmé le lancement d’une commission scientifique destinée à faire «du contrôle humain» de l’IA «une réalité technique». De leur côté, les États-Unis ont «totalement» rejeté vendredi toute gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, par la voix de Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies.

Lors de l’édition 2025 à Paris, les États-Unis n’avaient pas signé la déclaration. Le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait déclaré jeudi que cette technologie en plein essor avait un besoin urgent de régulation.

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