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Dévissage

Bitcoin : «Les risques sont en train de se matérialiser», alerte le gouverneur de la Banque de France

La cryptomonnaie a atteint son cours le plus bas depuis seize mois. François Villeroy de Galhau appelle à «fuir» les conseillers financiers qui le présentent comme un placement sûr.

Le bitcoin est «un actif très volatil et très risqué», selon le gouverneur de la Banque de France. (z1b/Getty Images)
Publié aujourd'hui à 9h27

«Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel» : face à la plongée du bitcoin, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a estimé ce vendredi 6 février que «les risques étaient en train de se matérialiser», en observant que cela ne créait pas un danger «systémique».

La cryptomonnaie est tombée jusqu’à 60 000 dollars ce vendredi ; une première depuis seize mois. Il a perdu plus de 50 % de sa valeur depuis un pic au-dessus de 125 000 dollars atteint en octobre. En cause, les incertitudes politiques et économiques, ainsi que les menaces de shutdown aux Etats-Unis.

L’impopularité de Trump joue aussi, alors que ce dernier s’est posé en parrain du secteur. Ce à quoi s’ajoutent les retombées du scandale Epstein, quand les derniers documents publiés par le gouvernement américain révèlent les échanges entre le pédocriminel et Joichi Ito, ancien directeur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology, qui a largement contribué à l’essor de la cryptomonnaie.

«Soit un incompétent, soit un escroc»

«Il y a un certain nombre d’investisseurs en bitcoin, j’espère qu’ils ont limité leurs risques», a déclaré François Villeroy de Galhau sur BFM Business. «Nous avons toujours dit que c’était un actif très volatil et très risqué» : on peut investir en bitcoin, mais on le fait à ses risques et périls», a soutenu le représentant de l’institution monétaire.

«Je n’ai jamais cru les discours [de ceux qui disaient que] c’était la monnaie de demain, parce que la monnaie allait être complètement décentralisée, privatisée, libertaire», assure le gouverneur de la Banque de France. Des discours qui sont aujourd’hui «en train d’exploser», affirme-t-il.

«Un placement sûr, où on a à la fois des rendements élevés et pas de risques», tel que le bitcoin était décrit par certains, «ça n’existe pas en matière financière», martèle-t-il. Il appelle à «fuir» un conseiller financier qui tiendrait de tels discours, lequel serait «soit un incompétent, soit un escroc».

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