Au cœur d’une nature faite de vallons, les boucles de la Moselle se déroulent avec indolence. Longeant les berges du village allemand de Traben-Trarbach (Rhénanie-Palatinat) et ses charmantes villas, l’une d’entre elles complète un paysage bien pastoral, savant mélange de vignobles et de forêts. Difficile d’imaginer qu’au même endroit et au même moment, enfouis sous terre dans un ancien bunker de l’Otan, les serveurs d’un datacenter illégal carburent. Et pourtant, ce lundi, huit de ses employés ont été condamnés à des peines de prison.
Car c’est bien en pleine campagne rhénane, sur cinq étages et 25 mètres de profondeur, qu’avait élu domicile l‘entreprise CyberBunker. Un étage avec des bureaux, un autre rempli de hautes tours câblées, un avec des générateurs de secours et la climatisation… De 2013 à 2019, comme le raconte le journal Der Spiegel, ce fournisseur de services internet a entretenu toute une économie souterraine (dans tous les sens du terme) en hébergeant de grands marchés du Darknet, comme Wall Street Market ou encore Fraudsters, aujourd’hui fermés. Drogues, armes, faux papiers… En tout, près de 250 000 transactions illégales auraient transité grâce à lui sur ces sites.
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