On ne lui a jamais parlé. Pourtant, avant même de contacter Vana (1), on sait qu’elle habite un village d’Indre-et-Loire, qu’il y a quelque temps, encore, elle vivait à 26 kilomètres de là et qu’elle est opératrice dans le secteur de l’électronique. Mieux encore, on connaît aussi son numéro de portable. Interloquée, à l’autre bout du fil, la trentenaire interroge : «Mais d’où vous savez tout ça ?» Facebook. Ou, plutôt, la fuite de données de 533 millions de ses utilisateurs, révélée samedi dernier par le site Business Insider. Vana était-elle au courant ? «Pas du tout». Normal, le réseau social ne compte pas vraiment prévenir ses membres.
Pourtant, rien qu’en France, 20 millions de personnes sont victimes. Soit, en arrondissant, un utilisateur de la plateforme sur deux dans le pays. Et, dans la liste des données, relayées gratuitement sur un forum de piratage, figurent des numéros de portables, des lieux de résidence, des situations amoureuses, des métiers, voire, parfois, des adresses mails. Pas de coordonnées bancaires ou de mots de passe donc, mais Roger, peintre dans le bâtiment, s’interroge tout de même : «Comment on fait pour retirer nos données de tout ça ?» Réponse : on ne peut pas.
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Mais, alors, pourquoi le réseau ne prévient-il personne ? Tout simplement parce qu’il ne s’estime pas francheme




