
Immersion dans une communauté d’irréductibles du métavers : «Les gens viennent ici comme au PMU après le boulot»
A 83 ans, Jacques chérit ses petites habitudes. La balade du matin, deux heures dans la forêt sarthoise. Le montage de vidéos amateurs l’après-midi, une sucrerie pour ce passionné de 3D. Puis, à 18 heures, vient le rendez-vous «des copains». Chaque soir, Jacques enfile son casque de réalité virtuelle et disparaît. Direction le métavers. A l’heure où l’IA agite les porte-monnaie de la Silicon Valley, le mot semble sortir d’outre-tombe. En 2021, il obsédait pourtant bien du monde. Un univers entièrement virtuel, dans lequel on pourrait travailler, discuter, s’amuser… Vivre autrement. A l’époque où le Covid et ses confinements successifs suscitaient des coups de folie – de la frange «faite maison» aux sinistres apéros Zoom – la promesse suffisait pour enflammer les imaginaires. A commencer par celui de Mark Zuckerberg. Equipe de choc, milliards dépensés, promo creepy-futuriste… Le fondateur de Facebook a mis le paquet pour développer en premier cette réalité de demain, allant jusqu’à rebaptiser son groupe «Meta» pour marquer le coup.