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Chaque soir, Jacques, 83 ans, enfile son casque de réalité virtuelle et disparaît.  Chaque soir, Jacques, 83 ans, enfile son casque de réalité virtuelle et disparaît. (Camille McOuat/Libération)
Reportage

Immersion dans une communauté d’irréductibles du métavers : «Les gens viennent ici comme au PMU après le boulot»

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Pendant que Meta acte l’échec de son univers virtuel, eux s’y connectent chaque soir. «Libé» est allé à la rencontre, au sein d’«Horizon Worlds», d’un petit groupe d’adeptes français de la réalité virtuelle, en grande partie composée de seniors.
publié le 30 décembre 2025 à 8h23

A 83 ans, Jacques chérit ses petites habitudes. La balade du matin, deux heures dans la forêt sarthoise. Le montage de vidéos amateurs l’après-midi, une sucrerie pour ce passionné de 3D. Puis, à 18 heures, vient le rendez-vous «des copains». Chaque soir, Jacques enfile son casque de réalité virtuelle et disparaît. Direction le métavers. A l’heure où l’IA agite les porte-monnaie de la Silicon Valley, le mot semble sortir d’outre-tombe. En 2021, il obsédait pourtant bien du monde. Un univers entièrement virtuel, dans lequel on pourrait travailler, discuter, s’amuser… Vivre autrement. A l’époque où le Covid et ses confinements successifs suscitaient des coups de folie – de la frange «faite maison» aux sinistres apéros Zoom – la promesse suffisait pour enflammer les imaginaires. A commencer par celui de Mark Zuckerberg. Equipe de choc, milliards dépensés, promo creepy-futuriste… Le fondateur de Facebook a mis le paquet pour développer en premier cette réalité de demain, allant jusqu’à rebaptiser son groupe «Meta» pour marquer le coup.

Quatre ans plus tard, ressent-il l’amertume du tatouage raté ? Selon un article de Bloomberg début décembre, le PDG

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