Des lunes de miel s’achèvent parfois sur des gueules de bois. L’intelligence artificielle connaîtra-t-elle le même sort ? A l’arrivée de ChatGPT en novembre 2022, le coup de foudre a été immédiat et les débuts euphoriques. L’IA est devenue la nouvelle coqueluche des gros portefeuilles, séduits par ses promesses toujours plus aguicheuses de révolutions en cascade et de profits infinis. Résultat : les investissements se déversent à grands flots et les dépenses mondiales du secteur pourraient même atteindre les 3 000 milliards de dollars d’ici 2029 (près de 2 600 milliards d’euros), prédit la banque américaine Morgan Stanley. Reste que ces derniers temps, une angoisse prend aux tripes : et si on s’était emballé… un peu trop vite ?
Sur les places financières, la rumeur d’une «bulle de l’IA» enfle et divise. La Banque d’Angleterre redoute une «forte correction des marchés», quand le FMI alerte sur des «similitudes avec la bulle Internet». Investisseurs et entrepreneurs se retrouvent scindés en deux camps : les croyants et les non-croyants. Les «bubble believers» et les «bubble skeptics». Parmi les premiers, deux sous-confessions s’affrontent encore : ceux qui pensent que la bulle finira par éclater et les optimistes, persuadés qu’elle désenflera sagement, sans trop de dégâts. Dans cette forêt de doigts humectés, sondant chaque graphiques et tendances pour discerner le sens du vent, on essaie de se frayer un chemin. Et de comprendre ce que les osselets –




