Il y a trois semaines, Nvidia devenait la première entreprise au monde à franchir le cap symbolique des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Ce mercredi 19 novembre, elle prouve à nouveau combien ses puces sont devenues centrales. Le géant américain a clôturé le troisième trimestre de son exercice décalé avec un bénéfice net en hausse de 65 % sur un an, atteignant 31,9 milliards de dollars – un résultat largement supérieur aux attentes de Wall Street.
Baromètre de l’industrie de l’intelligence artificielle, Nvidia concentrait tous les regards des analystes et des investisseurs, soucieux de l’accentuation d’une bulle autour de l’IA. Le directeur général de l’entreprise, Jensen Huang, a su dissiper les inquiétudes lors de sa conférence téléphonique, «On parle beaucoup de bulle IA. De là où nous sommes, nous voyons quelque chose de différent».
«Monstrueux»
Encore inconnu du grand public il y a trois ans, Nvidia est devenu l’un des symboles de la révolution de l’intelligence artificielle générative, car ses processeurs graphiques, aussi appelés GPU, sont considérés comme un matériau indispensable au développement de l’IA. Et le géant américain ne voit pas son élan ralentir : Matt Britzman, analyste de Hargreaves Lansdown, le qualifie même de «monstrueux». Parmi les géants du secteur technologique, seule Alphabet – la maison mère de Google –, a réalisé un bénéfice supérieur au cours d’une même période, note le New York Times.
«Ces résultats et les prévisions sont énormes», ont commenté les analystes de Wedbush Securities, pour qui «ils devraient relancer l’appétit des investisseurs pour le secteur technologique jusqu’à la fin de l’année». Un nouveau signe que le boom de l’IA, aux retombées financières colossales, ne faiblit pas.
Concurrences
Outre les inquiétudes relatives à la surévaluation de l’écosystème IA, des observateurs s’interrogent sur la propension de la société californienne à rester au-dessus du lot dans un contexte de montée en puissance de la concurrence. Le rival américain AMD se positionne en effet de façon plus agressive sur les GPU, tandis que Google vient de mettre en ligne son nouveau modèle d’IA générative Gemini 3, développé uniquement grâce à ses propres puces. Mais pour Matt Britzman, «l’éventail» de Nvidia en matière de produits IA et cloud est «sous estimée». Concrètement, «même si ses rivaux peuvent offrir des éléments du système, il sera difficile de proposer une solution intégrale comme la leur».
L’ascension de la firme américaine est d’autant plus remarquable qu’elle est désormais privée de ventes en Chine – pourtant un marché majeur pour Nvidia il y a encore quelques mois –, du fait de restrictions à l’exportation. L’entreprise n’a réalisé que 50 millions de dollars de chiffre d’affaires en Chine au troisième trimestre et ne projette aucun revenu venu de ce marché pour le trimestre en cours.




