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Chatbot

Les chercheurs du CNRS dotés d’un outil d’IA conversationnelle développé par Mistral

Après 10 000 agents de l’Etat en octobre 2025, ce sont les agents de l’organisme public de recherche qui peuvent désormais se servir d’un chatbot d’IA «sécurisé» développé par l’entreprise française.

L'agent conversationnel développé pour le CNRS permet de traduire des textes, faire des synthèses de documents et fournir de l’aide à la reformulation et à la recherche sur le web. (Jean-Marc Barrere/Hans Lucas. AFP)
Publié le 03/02/2026 à 12h50

Depuis le 17 décembre, les 35 000 chercheurs et agents du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont une nouvelle corde à leur arc. L’organisme public et l’entreprise française Mistral AI ont communiqué ce mardi 3 février sur le déploiement d’un outil d’intelligence artificielle (IA) conversationnelle baptisé «Emmy» et développé spécialement par la start-up tricolore pour assister les chercheurs du CNRS.

Cet agent conversationnel permet de traduire des textes, faire des synthèses de documents et fournir de l’aide à la reformulation et à la recherche sur le web. L’objectif est évidemment pratique mais présente aussi un enjeu stratégique de taille, comme l’a souligné François Pouget, directeur général délégué aux ressources du CNRS, dans un communiqué : «Aujourd’hui, le marché de l’IA générative et des grands modèles de langage est largement dominé par les Etats-Unis et par la Chine. Seuls quelques fleurons européens, comme le français Mistral AI, proposent des alternatives. Or il est nécessaire que nous puissions proposer une solution sécurisée à tous nos agents.»

Au cours de l’année 2025, cet outil d’intelligence artificielle a été «testé en interne par près de 600 agents volontaires qui nous ont fait part de leurs retours d’expérience. Grâce à ce travail de preuve de concept, nous avons ainsi pu identifier les besoins des agents et mesurer quelles étaient les problématiques techniques associées à la généralisation d’un tel outil», précise François Pouget.

Le partenariat avec Mistral garantit que les données sont hébergées au sein de centres de données situés sur le sol européen soumis au règlement général sur la protection des données (RGPD) et au règlement européen sur l’IA, a-t-il ajouté.

L’outil est accessible pour les 35 000 agents de l’organisme, qui ont l’interdiction d’utiliser «toute autre IA généraliste grand public» comme ChatGPT d’OpenAI ou Gemini de Google dans le cadre de leur travail. Ce type de déploiement à grande échelle est «inédit» dans le monde de la recherche en France, a encore précisé François Pouget.

Sortir de la dépendance aux outils numériques américains est devenu un enjeu de taille pour le gouvernement français, qui a détaillé le 26 janvier son plan d’action sur le sujet. La ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a notamment annoncé le lancement d’un Observatoire de la souveraineté numérique, permettant de cartographier et d’identifier les dépendances des entreprises, des administrations et des collectivités à des services numériques extra-européens.

Depuis octobre 2025, 10 000 agents publics, répartis dans huit ministères, testent pour leur part une version enrichie de l’Assistant IA, un assistant conversationnel souverain développé en partenariat avec l’entreprise française Mistral AI.

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