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Contrefaçon

TikTok assigné en justice en France pour non-respect du droit d’auteur des films, séries et spectacles

La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) a annoncé mercredi 12 novembre avoir assigné le réseau social en référé devant le tribunal judiciaire de Paris pour contrefaçon. L’audience aura lieu en mars.

Selon la SACD, l'assignation est la conséquence de «près de quatre ans de discussions avortées». (DPA. Getty)
Publié le 13/11/2025 à 11h36

On ne partage pas des extraits d’Astérix ou de Petit ours brun sans le consentement de leurs ayant droits. La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) a assigné début novembre TikTok en référé devant le tribunal judiciaire de Paris pour contrefaçon de films, séries et spectacles d’humour dont elle gère les droits, a-t-elle annoncé à l’AFP mercredi 12 novembre.

«Depuis de nombreuses années» circulent sur TikTok des extraits d’«œuvres protégées relevant du répertoire de la SACD sans aucune autorisation» et pour lesquelles la plateforme n’a «jamais proposé de contreparties acceptables pour les autrices et auteurs de ces œuvres et n’a pas procédé au retrait des œuvres que nous lui avons demandé», explique ainsi l’organisme.

Des dialogues ou des extraits de films comme OSS 117, Brice de Nice, Les Choristes, Astérix et Obélix : mission Cléopâtre sont par exemple régulièrement partagés ou détournés sur le réseau social. Même chose pour la série Kaamelott, le dessin animé Petit ours brun ou encore des spectacles d’humoristes comme ceux de Caroline Vigneaux ou des Bodin’s, a précisé la SACD.

Ces contrefaçons figurent selon cette source dans des relevés établis par l’Alpa, l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle. L’audience est prévue le 18 mars, selon la SACD. Contacté, TikTok n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.

«Manque de transparence» et «discussions avortées»

Fondée en 1777 pour faire respecter les droits des auteurs, la SACD (qui compte environ 60 000 membres) gère les droits des œuvres audiovisuelles, cinématographiques, radiophoniques et web, ainsi que du spectacle vivant (théâtre, humour, arts de la rue, cirque…). Les œuvres qu’elle défend sont déclarées aux répertoires de la SACD.

«En tant que service de partage de contenus en ligne, TikTok, soumis aux dispositions du code de la propriété intellectuelle (CPI), est en position de contrefaçon en l’absence de contrat conclu avec la SACD sur les œuvres relevant de son répertoire», poursuit l’organisation. A ce titre, elle «demande réparation du préjudice subi par les auteurs et autrices des œuvres exploitées ou représentées sur la plateforme».

La SACD regrette également «un manque de transparence de TikTok sur ses données financières» et lui demande de communiquer son chiffre d’affaires. «La rémunération du droit d’auteur doit être déterminée par référence à des données financières appropriées et fiables», fait-elle valoir.

La procédure a été transmise en Irlande, lieu d’établissement de la Société TikTok Technology Limited visée par l’assignation. Cette dernière a été déposée le 3 novembre, selon la SACD. Cette assignation fait suite à «près de quatre ans de discussions avortées», affirme l’organisation.

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