Son silence pesait. Au moment où la moitié de ses anciens employés de Twitter se sont fait virer vendredi par vagues de mails, Jack Dorsey n’a pas lâché un mot. Il a fallu attendre près de vingt-quatre heures pour que l’auteur du tout premier tweet de l’histoire s’empare de son clavier. Reconnaissant sa responsabilité dans «cette situation», il a regretté samedi soir : «J’ai augmenté la taille de l’entreprise trop rapidement. Je m’en excuse.» Et à cette justification hypocrite, il a ajouté une touche mielleuse : «J’aime tous ceux qui ont travaillé sur Twitter. Je ne m’attends pas à ce que ce soit réciproque en ce moment.»
Folks at Twitter past and present are strong and resilient. They will always find a way no matter how difficult the moment. I realize many are angry with me. I own the responsibility for why everyone is in this situation: I grew the company size too quickly. I apologize for that.
— jack (@jack) November 5, 2022
Pour l’entrepreneur aux airs de gourou, le timing est d’autant plus propice au désamour qu’il éveille les soupçons. Jack Dorsey, cet homme d’affaires fan de yoga et ex-punk introverti, se métamorphoserait-il en vautour ? Alors que son ancienne maison rachetée pour 44 milliards de dollars par Elon Musk est en proie aux flammes, il annonce le 25 octobre le lancement imminent d’un nouveau réseau social. La plateforme au nom évocateur «Bluesky» (littéralement, «ciel bleu») rafle




