En résumé :
- Alors que la crise énergétique est là, le gouvernement a présenté ce jeudi après-midi un plan de sobriété destiné à faire des économies d’électricité, de gaz ou d’essence.
- Différents ministres se sont exprimés à partir de 13 h 45 au parc des expositions de la porte de Versailles, avant un discours conclusif de la Première ministre Elisabeth Borne.
- Parmi les principales mesures: température baissée à 19° dans tous les bâtiments publics, augmentation de l’indemnité forfaitaire pour encourager au télétravail, aides pour l’achat d’une pompe à chaleur…
On ferme ! Il est l’heure de clore ce direct. Merci de nous avoir suivi et retrouvez ci-dessous toutes les annonces du Plan de sobriété énergétique du gouvernement.
La Première ministre salue une «feuille de route crédible». Après avoir rappelé l’objectif du plan - réduire de 10% la consommation d’énergie d’ici à 2024 -, Borne a salué les mesures présentées ce jeudi, une « feuille de route crédible » pour les mois à venir. « Je le crois, notre plan est à la hauteur de l’enjeu », s’est félicité la Première ministre. Pas question pour autant de se contenter d’une mesure d’urgence. La sobriété « doit être aussi une prise de conscience », a prévenu la locataire de Matignon. « La baisse de la consommation doit s’inscrire dans le temps long. Ce n’est pas un effet de mode le temps d’un hiver. » Et de poursuivre: « La sobriété est un levier essentiel pour sortir de nos dépendances aux énergies fossiles. » La Première ministre voit également dans la sobriété un « gage pour notre souveraineté ». Conclusion de ce (long) raout: « Nous avons tous notre part à prendre, la sobriété est l’affaire de tous. Ensemble, nous bâtirons une société plus sobre et décarbonnée. » Amen.
Elisabeth Borne en opération déminage. La Première ministre a conclu la présentation du plan sobriété en rappelant que la crise énergétique est due à la guerre en Ukraine. Et en taclant d’emblée « ceux qui nous proposent de se soumettre à la Russie » - une pique visant le Rassemblement national. « Il y a quelques mois à peine peu d’entre nous étaient familiers avec ce concept », a-t-elle ensuite affirmé à propos du terme de « sobriété ». Et la locataire de Matignon de faire l’exégèse du « concept »: « La sobriété énergétique n’est pas produire moins et faire le choix de la décroissance.» Une nouvelle attaque à destination, cette fois-ci, des écologistes. « La sobriété est une affaire de collectif », a poursuivi la cheffe du gouvernement, qui anticipe les critiques d’un plan pondu par l’exécutif sans concertation. « Collectivités, entreprises et citoyens doivent agir ensemble », a-t-elle ainsi posé, sonnant une nouvelle fois la « mobilisation générale », seul moyen d’obtenir des « résultats ».
En attendant Elisabeth Borne… Histoire de meubler en attendant la Première ministre, Fanny Agostini improvise un quiz sur les économies d’énergie, réalisées par exemple par le décalage de certaines machines à la maison. Le public est alors invité à lever la main en fonction des réponses possibles dans un instant un peu gênant, pour eux comme pour la trentaine de spectateurs sur le lecteur vidéo de Twitter. Quelques vidéos un peu ringardes ont ensuite été diffusées avant qu’Elisabeth Borne arrive sur scène pour son discours de clôture avec une musique de séminaire d’entreprise.
«Chaque geste compte», une campagne pour inciter les Français. L’heure tourne, sur les réseaux sociaux du ministère de la Transition écologique, une quarantaine de spectateurs attendent le discours de clôture de la Première ministre Elisabeth Borne. Mais avant ça, la ministre de la transition Energétique Agnès Pannier-Runacher reprend la parole pour présenter la campagne de communication du gouvernement pour inciter les Français à participer à l’effort. « Ce n’est pas toujours très clair de savoir quels sont les bons gestes », affirme la ministre. La campagne intitulée « Chaque geste compte » est censée y remédier. Basée sur trois grands principes : « je baisse, j’éteins, je décale » elle vise à s’attarder sur les 5 gestes les plus efficaces : baisser son chauffe-eau à 55 degrés, son chauffage à 19° C, éteindre tous ses appareils quand on ne les utilise pas, décaler l’utilisation des outils electro-ménagers en dehors des périodes de pointe (entre 8 et 13 heures et entre 19 et 21 heures) et installer des thermostats programmables. 5 films courts mettant en scène ces gestes et un spot générique seront diffusés, dans les médias, dans les prochains jours.
Doc @BFMTV le spot de com du Gouvernement pour la #sobrieteEnergetique: 30 sc pour dire « Chaque geste compte », 5 gestes: chauffage à 19, chauffe-eau à 55, lessives en heures creuses, éteindre les appareils en veille et installer un thermostat, ⭕️ économies réalisées: 1/2 pic.twitter.com/cgDpru98Wp
— Anne Saurat-Dubois (@annesaurat) October 6, 2022
Le président de RTE présente le dispositif Ecowatt. C’était le «point pédago» de la présentation du plan. «Zappette» en main, selon ses propres mots, le président du gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE), Xavier Piechaczyk, a présenté le dispositif Ecowatt. Le but ? «Ecraser les courbes à chaque heure du jour et de la nuit, en décalant les consommations», assure-t-il. Et si tout cela ne suffit pas ? «Il y a un signal qui s’allumera, le signal Ecowatt». Une vidéo diffusée décrit alors cette «météo de l’électricité», avec un signal rouge s’il y a plus de consommation d’électricité que ce qui est produit. Et il faudra donc réduire la consommation pour éviter «les coupures de deux heures max par zone géographique». «On a tous un rôle à jouer», conclut, semble-t-il essoufflé, Xavier Piechaczyk.
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Les mieux du stade. La ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, a présenté à son tour des mesures pour la sobriété énergétique. D’emblée, l’ex-joueuse de tennis a reconnu que « le sport, c’est le petit poucet » en matière de consommation d’énergie. Il ne « pèse que 1% » de la consommation d’énergie en France. Mais l’effort devant être supporté par tous, comme l’a réclamé le chef de l’Etat, la ministre a donc évoqué 40 engagements à prendre dans les prochains mois. Ceux-ci tournent autour de trois axes, le « chauffage », « l’éclairage » et la « mobilité ». Mais encore ? Pas d’annonces concrètes ont été annoncées… Aux côtés de la ministre, le président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, Tony Estanguet a parlé lui de l’objectif de « réduire de moitié les émissions carbone par rapport aux éditions précédentes », pour l’édition 2024 des Jeux, à Paris. 100% des sites seront ainsi desservis par des transports en commun. Dix fois moins d’équipements seront construits par rapport aux éditions précédentes. Et pour les 13 millions de repas servis lors de l’événement, l’objectif de 80% de produits français est affiché. Pour le foot, l’effort se concentrera principalement sur l’éclairage des stades.
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Beaune et Pannier-Runacher déroulent le tapis rouge à l’éléphant Blablacar. Après avoir abordé l’écoconduite dans le ferroviaire comme sur la route, Clément Beaune et Agnès Panier-Runacher ont discuté covoiturage avec le directeur général de Blablacar, Nicolas Brusson. «La cible n’est pas tant la voiture en soi que la voiture individuelle et polluante. Et le covoiturage est une solution, pour le climat comme pour le pouvoir d’achat», a expliqué le ministre des Transports, avec des accents de décroissance verte. «On utilise trop peu le covoiturage pour les trajets du quotidien», a complété Agnès Panier-Runacher, qui rappelle l’objectif du gouvernement de «passer de 1,1 passager par voiture à 1,8 passager à horizon 2030». Avant d’introduire le DG de la boîte en situation de quasi-monopole sur le covoiturage, et seul invité à s’exprimer sur ce sujet face aux ministres, la présentatrice du grand raout a été jusqu’à demander au public «qui a utilisé Blablacar ?» : «50% ? Pas suffisant !» à ses yeux. Nicolas Brusson peinait à cacher son sourire
La présentation avance lentement mais sûrement. Mais lentement quand même. Après la fonction publique, les collectivités territoriales, les entreprises, arrive le moment des mesures pour le logement. Comme martelé depuis le début de semaine, le ministre du Logement et de la Ville Olivier Klein rappelle la nécessité de limiter le chauffage à 19° C. « Le gain du passage du chauffage de 20 à 19° C représente une économie d’énergie de 10 à 20% », précise-t-il. Autre mesure « simple » avancée : la massification de l’installation d’outils de contrôles comme des programmateurs de chaudières. Pour économiser de l’énergie, l’ancien maire de Clichy rappelle que la période de chauffe sera raccourcie d’un mois pour ne commencer que le 1er novembre et terminer le 1er avril. « Un mois de chauffage en moins c’est une économie d’énergie de 12% », vante-t-il. Avant de laisser le micro, Klein tient à rappeler que le gouvernement est mobilisé aux côtés des ménages les plus précaires pour qu’ils ne soient ni « culpabilisés », ni « pointés du doigt » parce qu’il ne pourraient pas contribuer à l’effort collectif demandé. Par quels moyens ? Aucune explication.
Avec la «journée du pull-over», les collectivités engagées. Après les entreprises et le tourisme, c’est au tour des collectivités locales de présenter leurs mesures de sobriété. Si certaines prêtent à sourire, comme la « journée du pull-over » - soit le simple fait de couper le chauffage dans les établissements inoccupés le week-end -, vantée par le président (UDI) du département de la Mayenne, Olivier Richefou , d’autres ont plus d’ampleur. Le patron (LR) de la Région Grand-Est, Jean Rottner, a ainsi listé les panneaux solaires installés sur les toits, les réseaux de chaleur dans les établissements scolaires, l’éclairage public fonctionnant avec des LEDs ou des trains roulant au biocarburant. « On doit aller plus loin dans une sobriété qui ne soit pas une sobriété de la contrainte, a plaidé Rottner. J’aimerais parler de sobriété heureuse et solidaire. » Le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, a rappelé, lui, la mise en place du « Fonds vert », une enveloppe d’1,5 milliard d’euro destiné à aider les « collectivités à investir dans ce qui est bon pour le climat », dixit Béchu. Le ministre a également annoncé une enveloppe de 220 millions d’euros pour accompagner les collectivités dans la rénovation thermique - soit le double de ce qui existe déjà dans le cadre du programme Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique (Actee).
La grande distribution la main sur le cœur. Grande distribution, commerce de détail, événementiel…. Le secteur du commerce et du tourisme annonce à son tour ses «engagements socles», que «des entreprises vont même dépasser», assure Olivia Grégoire, leur ministre de tutelle. «Les acteurs ont compris que la sobriété n’est pas un gadget, et qu’elle devait être le prélude à une transition environnementale bien plus forte et structurelle», a-t-elle ajouté, paraphrasant l’élément de langage d’Agnès Pannier-Runacher. Les représentants du commerce ou de la grande distribution ont ensuite présenté des plans que l’on connaît parfois depuis un mois, qu’ils ont parfois remis en format papier à Olivia Grégoire dans des mises en scène dignes de The Office. Emouvant.
Dans le décor. Powerpoint, tables-rondes et musiques de télé-achat… Pour tenter de ne pas rendre l’événement trop ennuyeux - il est prévu qu’il dure plusieurs heures - les organisateurs ont, semble-t-il, voulu éviter une banale succession de discours. C’est ainsi que quand les ministres Olivier Dussopt et Olivia Grégoire sont invités sur la scène, ce n’est pas pour prendre la parole, seuls, à la tribune. Les organisateurs ont eu l’idée complétement punk de les faire participer à des tables rondes avec des chefs d’entreprises en costumes foncés. Dans le même esprit, quand Stanislas Guérini développe ce qui est prévu pour la Fonction publique, il illustre son propos d’un Powerpoint, comme le ferait n’importe quel patron de start-up. Enfin mention spéciale à la musique libre de droits qu’utiliserait n’importe quelle émission de télé-achat lancée dans des enceintes à l’annonce de chaque nouveaux intervenants. Un délicieux cocktail qui, toutefois, ne rend pas le moment moins ennuyeux.
La droite fustige la « communication » d’Emmanuel Macron sur la sobriété. Réduite à peau de chagrin à l’Assemblée et occupée à la désignation de son prochain chef de parti, la droite n’oublie pas, à l’approche de l’hiver, de critiquer le gouvernement, confronté à une crise énergétique majeure. Si les principaux responsables des Républicains reconnaissent la nécessité de réduire la consommation d’énergie, tous blâment l’exécutif sur la forme. « Il faut de la sobriété, c’est fondamental, a ainsi déclaré le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, ce jeudi sur Public Sénat. Mais on est trop dans la communication. La sobriété ne peut pas être simplement le col roulé ou le tancarville. » Une référence aux propos vestimentaires du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et du député de Paris, Gilles Le Gendre.
Même critique chez son adversaire à la présidence du parti, Aurélien Pradié. « Si le plan de sobriété a vocation à faire oublier les erreurs stratégiques de ce pays depuis quelques années et singulièrement de ce gouvernement, c’est sans moi », a tranché le député du Lot sur LCI. « Je ne voudrais pas que tout ça soit une manière d’habiller la mariée et d’oublier au final que le vrai sujet, c’est comment nous relançons notamment nos centrales nucléaires », a renchérit le parlementaire. Là est l’angle d’attaque principal de la droite à l’égard du gouvernement : la politique énergétique du chef de l’Etat et notamment l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires, ainsi que la fermeture de la centrale de Fessenhein, en 2020. « Le plus important, c’est de comprendre comment on est arrivé à cette situation de dépendance pour un grand pays comme la France », a ainsi estimé dans le même sens le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, sur France Info.
Dans les entreprises, Olivier Dussopt plaide pour le «bon sens». Après l’Etat et les administrations publiques, le ministre du Travail a dévoilé le plan de sobriété élaboré pour les entreprises. Le travail, mené notamment avec les organisations syndicales et patronales, prône des « objectifs de bon sens » pour « passer l’hiver » et « travailler à la souveraineté énergétique », a déclaré Dussopt. « C’est uniquement le volontariat qui prime », a ajouté l’ancien député socialiste, insistant sur l’importance du dialogue social. Après lui, le président délégué du Medef, Patrick Martin a évoqué des exemples concrets, comme la maîtrise de la climatisation, les gestes pour éviter la surconsommation quotidienne ou la mise en place «d’ambassadeurs de la sobriété » dans les entreprises. Le secrétaire général d’Orange, Nicolas Guérin, a enchaîné en abordant l’extinction des lumières dans les boutiques de son groupe ou la date de mise en route du chauffage.
Pendant ce temps là, chez les insoumis. A cinq kilomètres de la Porte de Versailles où une demi-douzaine de ministres se succèdent pour dévoiler le plan de sobriété énergétique du gouvernement, les députés insoumis présentent leur contre-projet à l’Assemblée nationale. Face à «l’obstination dogmatique du gouvernement» qui «aggrave chaque jour un peu plus les perspectives et les conditions de vie de milliers d’entreprises et de millions de Français », « le moment requiert des réponses à la hauteur des enjeux plutôt que des gesticulations stériles pour permettre au plus grand nombre de passer l’hiver », insistent les élus LFI. Parmi les 10 mesures (très générales) mises sur la table : une augmentation du SMIC et des salaires, un blocage des prix et des superprofits, une planification « à la sobriété efficacité dans tous les secteurs » ou la mise en œuvre d’une tarification progressive de l’énergie…
Interview
Stanislas Guérini va baisser le chauffage... et veut que les fonctionnaires se lavent les mains à l’eau froide. La parole est au ministre de la Fonction publique Stanislas Guérini. Avant d’officialiser les mesures concernant la Fonction Publique - qui se doit d’être exemplaire martèle-t-il - le macroniste rappelle l’objectif, qualifié « d’ambitieux » : économiser 10% d’économie avant 2024. « La consommation de l’Etat et ses opérateurs, c’est 20 térawatts/heure par an », matraque-t-il. Soit l’équivalent de la consommation des habitants de Paris sur une année. «Ça donne la mesure de ce qui est devant nous», ajoute Guérini. Concernant la fonction publique, un tiers du sujet concerne les mobilités et deux tiers le bâti, le chauffage, etc. Le plan de sobriété du gouvernement comporte 30 mesures dans 4 champs différents : le bâti public, les mobilités, les achats et le numérique. Parmi les principales : une limitation du chauffage à 19°C dans les bâtiments publics, l’encouragement du télétravail et… inciter les agents à «se laver les mains à l’eau froide l’hiver». Révolutionnaire.
Témoignages
Comment économiser de l’énergie : les préconisations de l’association négaWatt.
800 millions d’euros sur la table pour accompagner la sobriété. Alors que le gouvernement réclame des efforts aux Français pour réduire leur consommation d’énergie, l’exécutif insiste aussi sur les mesures d’accompagnement. 800 millions d’euros sont ainsi prévus pour « accompagner les gestes de la sobriété dans les bâtiments, les transports », a expliqué Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique. La ministre a conclu son propos par un « mot d’ordre clair »: la « mobilisation générale ». « Tout le monde doit s’engager », a assuré Pannier-Runacher, rappelant la « situation d’urgence » dans laquelle se trouve notre planète « qui s’assèche et brûle ». Répondant aux critiques venues de la droite notamment sur la politique nucléaire du chef de l’Etat, la ministre de la Transition énergétique a voulu « tuer un mythe ». « Nous n’avons jamais été indépendants en matière d’énergie », a-t-elle dit, rappelant que les énergies fossiles représentent 66% de notre consommation d’énergie. « C’est aussi notre changement de comportement qui peut tout changer », a également déclaré la ministre, évoquant des « mesures de bon sens » et appelant à retrouver le « le sens de la valeur et du caractère précieux de cette énergie ».
La présentation commence, Pannier-Runacher fustige «l’écologie punitive ou de salon». Après une courte introduction de la présentatrice Fanny Agostini, la parole est à la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Laquelle décrit la journée, comme un « évènement important ». «La sobriété énergétique est au cœur de notre stratégie tant à long terme qu’à court terme pour permettre à nos pays de sortir de sa dépendance aux énergies fossiles », débute Pannier-Runacher. Selon elle, « l’action collective nous permettra d’éviter des mesures plus contraignantes ». Comme depuis plusieurs semaines, la ministre insiste donc sur l’exemplarité « des grands acteurs ». « Les Français ne comprendraient pas [qu’on leur demande des efforts] s’ils n’étaient pas irréprochables », estime-t-elle. Et poursuit : « notre méthode est la concertation, ce n’est pas l’écologie punitive ou de salon comme certains voudraient nous l’imposer » Un tacle sorti de nulle part adressé à la gauche.
Pour parler de sobriété... un grand raout. Emmanuel Macron avait sonné « la mobilisation générale » le 14 juillet. Il a été pris au mot. Le gouvernement a vu les choses en grand. Un raout de plus de 3 heures, au parc des Expositions, porte de Versailles, plus de 400 invités, petit buffet, vue sur Paris, et pas moins de neuf ministres, dont la Première, Elisabeth Borne, qui viendra conclure à 17 heures la présentation – tout sauf sobre - du plan de sobriété. Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique et cheville ouvrière du plan négocié depuis fin juin avec l’Etat, les collectivités et divers secteurs économiques, doit ouvrir le bal avant de passer la parole aux « experts », du Haut-conseil pour le climat, du Réseau action climat et de NégaWatt, pour la caution écolo de la concertation – même si les uns et les autres ont affirmé dans les médias leurs points de vigilance. Dans l’ordre d’apparition, Stanislas Guérini (fonction publique), Olivier Dussopt (Travail), Olivia Grégoire (PME, Commerce), Christophe Béchu (Transition écologique), Olivier Klein (Logement) et Amélie Oudea-Castera (Sport) doivent ensuite se succéder pour dérouler les mesures d’urgence, dans leurs secteurs, d’abord censées permettre de passer les pics de l’hiver sans coupures, ni délestage.



