Le Premier ministre aura tenu treize jours avant d’être rattrapé par les affaires budgétaires, qui ont rarement été autant sens dessus dessous sous la Vème République. Dans sa première déclaration écrite envoyée à la presse, il a quitté les phrases sibyllines et valables en tout temps sur la dette et les «chèques en blanc sur les générations futures» pour l’alarme. «La situation budgétaire du pays que je découvre est très grave. J’ai demandé tous les éléments pour en apprécier l’exacte réalité. Cette situation mérite mieux que des petites phrases. Elle exige de la responsabilité.» Des mots qui restent en travers de la gorge de l’ancienne majorité présidentielle, qui goûte peu le ton employé. «Drôle de façon de préparer des fiançailles», siffle l’un de ses députés.
La magnitude du dérapage des finances publiques tient en quelques pourcentages, écrits dans une note de juillet écrite par la direction générale du Trésor. A politique inchangée, le déficit public se creuserait à 5,6% du produit intérieur brut cette année, quand le gouvernement Attal a inscrit 5,1% dans le programme de stabilité transmis au printemps à la Commission européenne. L’an prochain, ce serait 6,2% au lieu de 4,1%. Et ainsi de suite. Selon des sources concordantes, les dernières données disponibles ne viennent pas arranger la situation déjà compliquée pour 2024, notamment du côté des collectivités territoriales.
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