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Finances publiques : Bruxelles valide les efforts de la France pour réduire son déficit

Selon les calculs de la Commission ce mardi, le déficit devrait redescendre à 4,9 % du PIB en 2026. L’exécutif européen souligne en revanche l’«incertitude considérable» autour du budget Lecornu.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au Parlement européen à Bruxelles, le 12 novembre. (Virginia Mayo/AP)
Publié le 25/11/2025 à 18h35

La Commission européenne a estimé ce mardi 25 novembre que la France respectait les engagements qu’elle avait pris pour réduire son déficit public colossal. Elle a donné jusqu’en 2029 à Paris pour redresser la barre et ramener son déficit en dessous de 3 % du PIB, la limite prévue par le Pacte de stabilité européen.

Dans son avis sur les perspectives budgétaires des 27 Etats membres, présenté devant le Parlement européen, la Commission a par ailleurs souligné l’«incertitude considérable» entourant le projet de budget pour 2026, mais le juge «conforme» aux recommandations émises dans le cadre de la procédure de déficit excessif lancée en juillet 2024 contre la France.

«Cette évaluation favorable confirme l’impérieuse nécessité de respecter un objectif de déficit public inférieur à 5 % du PIB en 2026», a réagi Bercy, qui rappelle que «le respect de ces objectifs s’avère essentiel pour la soutenabilité de la dette française et retour de notre déficit sous les 3 % de PIB en 2029».

Neuf Etats sous procédure

Dans son avis, Bruxelles note que selon ses propres prévisions publiées mi-novembre, le déficit public français devrait redescendre à 4,9 % du PIB l’an prochain contre 5,5 % cette année, des niveaux très proches des prévisions du gouvernement, qui table sur un déficit de 4,7 % en 2026 après 5,4 % en 2025. «Cependant, cette évaluation est entourée d’une incertitude considérable, vu les discussions parlementaires toujours en cours», prévient l’exécutif européen.

Des discussions «susceptibles de modifier sensiblement l’ampleur de la consolidation envisagée», reconnaît Bercy, qui affirme que «dans cette perspective, la recherche d’un compromis des forces politiques est indispensable pour poursuivre nos efforts de réduction du déficit».

D’autres pays membres sous le coup d’une procédure

La France n’est pas le seul pays membre sous le coup d’une procédure pour déficit excessif : c’est le cas aussi de l’Autriche, de la Belgique, de l’Italie, de la Hongrie, de Malte, de la Pologne, de la Slovaquie et de la Roumanie. Et la Commission a annoncé en outre vouloir placer sous cette procédure un dixième Etat : la Finlande. Selon ses projections, ce pays devrait voir son déficit public, qui dépasse la barre des 3 % du PIB depuis l’an dernier, atteindre 4,5 % cette année, puis 4 % l’an prochain.

Helsinki avait invoqué la forte augmentation de ses dépenses militaires sur fond de guerre en Ukraine pour justifier le dérapage de ses comptes publics, mais la Commission estime que cela n’explique pas en totalité l’augmentation de ses dépenses ces dernières années. En revanche, Bruxelles a donné un blanc-seing à l’Allemagne, pays qui a abandonné sa prudence budgétaire des années précédentes pour se réarmer, et dont le déficit devrait dépasser 3 % du PIB cette année et grimper à 4 % l’an prochain, selon ses projections.

Mise à jour à 20 h 13 avec la réaction de Bercy.

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