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Passe-passe

Fiscalité des entreprises : STMicroelectronics, le roi de l’optimisation

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En faisant acheter des machines de pointe pour fabriquer des semi-conducteurs dans son usine grenobloise par l’une de ses filiales domiciliée aux Pays-Bas, le groupe parvient à réduire, légalement et considérablement, son imposition en France.

Selon l'association Actionnaires pour le climat, STMicroelectronics a réduit de plus de 137 millions d'euros sa rentabilité en 2024 via des remboursements à des filiales. (Romain Doucelin/NurPhoto. AFP)
Par
Thierry Gadault
Publié le 09/12/2025 à 17h22

En 2023, l’Etat annonçait le versement d’une aide publique record de 2,9 milliards d’euros à STMicroelectronics pour l’installation de sa nouvelle usine de semi-conducteurs à Crolles (Isère). Mais, dans le même temps, l’entreprise en a profité pour mettre en place un montage fiscal pour réduire un peu plus sa taxation en France, déjà tout riquiqui. Pour comprendre le tour de passe-passe que l’entreprise a joué à l’Etat, il faut se plonger dans les comptes du groupe franco-italien et d’une de ses filiales françaises, baptisée STMicroelectronics (Crolles 2) SAS.

Si cette filiale, qui gère donc l’usine de Crolles, est bien la structure qui touche l’aide publique versée par la France, ce n’est pourtant pas elle qui réalise la majeure partie de l’investissement en vue d’accroître et de moderniser ses capacités de production : c’est une autre filiale, cette fois néerlandaise du groupe, STMicroelectronics Finance II BV.

Un crédit-bail qui plombe ses résultats en France

A quoi sert cette structure ? Comme l’indique le rapport annuel de la filiale française (

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