Chez Michel Herter, on sirote exclusivement dans des verres en cristal de Baccarat. Les meubles en sont remplis. Il y en a pour toutes les tailles et tous les goûts, champagne, vin, eau ou digestif. Demandez un jus de grenade et l’hôte vous sortira le contenant approprié. Michel Herter a fabriqué quelques-unes de ces pièces à la manufacture d’à côté – quarante-trois ans de boulot, jusqu’à la retraite en 2017. Sur le plateau de son buffet, il y a une médaille et une photo. L’image a été prise à l’Elysée en 2004 : Chirac est hilare, l’épouse de Michel Herter est souriante et lui est raide et sérieux comme un piquet. A la hauteur de l’événement : ce jour-là, le maître-souffleur était célébré par le Président pour son titre de meilleur ouvrier de France (MOF). A côté du cadre-souvenir se trouve un verre de 30 centimètres de haut, tout en courbures, celui qui lui a permis de décrocher le titre. «Huit cents heures de travail. On y pense jour et nuit pendant un an, même en dormant», se souvient l’artiste. Pas question de prendre l’objet en main. «Personne ne le touche à part moi, quand il faut l’astiquer un peu.» A destination des visiteurs, Michel Herter a reproduit une réplique, «la sœur jumelle», qu’il sort d’une grande boîte rouge.
Dans la petite ville de Baccarat (Meurthe-et-Moselle), où il est «connu comme le loup blanc» (dixit une commerçante qui nous a donné son numéro), certains trouvent que Michel Herter en fait un peu trop, à sortir sa veste de




