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Entretien croisé

Indexation des salaires sur l’inflation : «La lecture de “Libération” m’exaspère tous les jours»

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Les économistes Jean Peyrelevade, l’un des penseurs du tournant de la rigueur entre 1981 et  1983, et Eric Monnet, favorable à une hausse des salaires, débattent de la meilleure manière de casser les spirales inflationnistes.

Les économistes Jean Peyrelevade et Eric Monnet, le 6 septembre au café Marly à Paris. (Denis Allard/Libération)
ParAnne-Sophie Lechevallier
photos Denis Allard
Publié le 27/10/2022 à 3h39

Tout est parti d’une phrase, dans une interview dans Libération fin juillet. Eric Monnet, directeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur à l’Ecole d’économie de Paris (PSE), affirmait : «Une des erreurs de la gauche en 1982 fut de bloquer les prix et les salaires, cela a été pire ensuite. Dès qu’elle a relâché, l’inflation a repris énormément et la gauche a pris le tournant de la rigueur. Etouffer la hausse salariale n’est pas une bonne politique macroéconomique.»

Le soir de la publication, un lecteur nous écrit, fort mécontent. On s’y reprend à deux fois pour lire le nom de l’expéditeur : Jean Peyrelevade. Peyrelevade, l’ancien patron du Crédit lyonnais, l’homme de l’affaire Executive Life, l’auteur d’épais livres d’histoire économique… Ce polytechnicien haut fonctionnaire fut directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy à Matignon de 1981 à 1983. Celui qui se dit, à 83 ans, social-démocrate, qui a repris sa carte au PS pendant le premier quinquennat Macron, est l’un des rares acteurs survivants de cette époque. Lire que Mauroy est accusé de trahison à la gauche le scandalise. Lire que leur lutte

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