A l’étage d’un bar du vieil Angers, Melaine, 36 ans, et Vincent, 32 ans, tentent de joindre un troisième homme, mais la connexion rame. Ils finissent par abandonner l’ordinateur du premier – décoré de stickers des Soulèvements de la Terre et d’Extinction Rebellion – pour se rabattre sur le téléphone du second. A l’autre bout du fil d’une application chiffrée, la voix de Nihal (un pseudonyme), 23 ans, s’échappe du téléphone posé sur la table : «Ça me saoule un peu d’être en procès pour avoir décroché quatre bouts de papier, mais si ça peut aboutir à quelque chose et faire un précédent…»
Ce jeudi 15 janvier, ces trois militants d’Extinction Rébellion passent devant le tribunal correctionnel, à Angers, après une plainte de JCDecaux – géant mondial de l’affichage publicitaire revendiquant plus d’un million de «faces publicitaires» dans «plus de 80 pays». Ils sont jugés pour avoir «frauduleusement soustrait des affiches publicitaires […] en réunion» et risquent à ce titre jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.




