Face à la polémique, la carte de la mise en retrait. La nouvelle première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, qui a pris ses fonctions ce lundi 23 février au lendemain de son départ du gouvernement, a fait savoir qu’elle allait «s’abstenir de participer» aux débats sur les finances publiques 2025.
Sont concernés, selon le communiqué publié par l’institution de la rue Cambon, les «délibérés relatifs aux travaux portant sur l’exécution du budget de l’Etat et de la Sécurité sociale pour 2025 et sur la certification des comptes 2025 ainsi que les rapports concernant les organismes sur lesquels elle a exercé une autorité au cours des trois dernières années».
Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen
Au sujet du budget 2026, qu’Amélie de Montchalin a contribué à élaborer en tant que ministre de l’Action et des comptes publics, aucune annonce n’a été faite. «En application de l’article L. 120-10 du code des juridictions financières, la première présidente a remis aujourd’hui sa déclaration d’intérêts au collège de déontologie de la Cour», a simplement déclaré la Cour des comptes, alors que la nomination par le président de la République le 11 février de cette ancienne députée, figure historique du macronisme, a suscité une vive controverse dans le monde politique.
L’opposition a dénoncé une situation de conflit d’intérêts chez une ministre sortante chargée de se prononcer sur le déficit public ou les choix budgétaires d’un gouvernement dont elle aura fait partie. Avant les comptes publics, Amélie de Montchalin avait été secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ministre de la Fonction publique puis ministre de la Transition écologique, poste qu’elle avait quitté après sa défaite aux élections législatives en 2022.




