La baisse est pour l’instant plutôt limitée, mais constitue probablement la première d’une séquence. Comme cela avait été largement anticipé, la Banque centrale européenne vient de baisser ses taux directeurs de 25 points de base (0,25 point). Ce qui met un terme à une hausse entamée en juillet 2022, il y a près de deux ans, au cours desquels la banque a procédé en un temps très court, à une augmentation inédite de ses taux directeurs : 4,5 points entre juillet 2022 et septembre 2023.
Cette hausse avait pour but de lutter contre l’inflation, qui atteignait en 2022 un niveau record. Mais la brutalité de la hausse a eu de nombreux effets pervers : tout d’abord, le coût de financement des dettes publiques est monté en flèche. Ensuite, le secteur de la construction immobilière est sinistré dans toute l’Europe, et en France, les autorisations de mise en chantier ont diminué de plus d’un tiers depuis juillet 2022. La hausse des taux est également l’une des causes du niveau élevé des faillites d’entreprises, qui atteignaient un niveau record début 2024.
En revanche, l’inflation a effectivement largement reflué : elle est d’environ 2,4% en zone euro sur une année glissante, contre près de 9% en 2022. Mais il n’est pas certain que la raison principale de ce reflux soit l’action de la BCE : celle-ci n’agit que sur la demande, et sur les effets dépressifs d’une hausse des taux pour comprimer les salaires et la consommation. Alors que,




