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La France va emprunter 310 milliards d’euros l’an prochain, un record

L’absence de budget pour 2026 n’a pour l’instant pas d’impact sur le programme de financement publié ce mardi 30 décembre par l’Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette de l’Etat.

Au ministère de l'Economie et des Finances le 14 décembre 2009. (Eric Piermont/AFP)
Publié le 30/12/2025 à 12h48

La France devrait emprunter le montant record de 310 milliards d’euros l’an prochain sur les marchés, a fait savoir ce mardi 30 décembre l’Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette de l’Etat. Malgré l’absence de budget pour 2026, cette somme reste inchangée par rapport aux prévisions de l’Agence publiées en octobre.

Les emprunts pourront débuter dès janvier en vertu de la loi spéciale promulguée samedi par Emmanuel Macron et la somme annuelle sera «susceptible d’être ajustée, si nécessaire, en fonction de la loi de finances pour 2026», a souligné l’Agence dans son programme de financement pour l’an prochain.

Peu d’évolution par rapport à 2025

Ces 310 milliards d’euros englobent le montant de l’ensemble des nouvelles obligations à «moyen et long terme», c’est-à-dire à échéance d’un an et plus, auxquelles sont soustraits les rachats anticipés de dettes par l’Etat. Il s’agit d’un record, même si, rapportée à la richesse produite durant l’année, cette somme ne devrait représenter qu’environ 10 % du PIB, ce qui ne change pas drastiquement par rapport à 2025.

Selon les chiffres de l’AFT, l’Etat a emprunté cette année en net 300 milliards d’euros de dettes à moyen et long terme, une augmentation par rapport à 2024, quand cette somme avait atteint 285 milliards d’euros.

Cette hausse intervient alors que la dette publique a atteint au troisième trimestre un nouveau record en valeur, à près de 3 500 milliards d’euros, et que les coûts de l’emprunt ont grimpé sur les marchés. La France a emprunté en 2025 en moyenne avec un taux d’intérêt de 3,14 % à moyen et long terme, contre 2,91 % en 2024, selon l’AFT. A échéance dix ans, référence sur le marché des obligations, il est passé de 2,94 % à 3,37 %.

Cela s’explique d’abord par une augmentation tendancielle de l’ensemble des taux en Europe car l’Allemagne, première économie du continent et longtemps chantre de la rigueur budgétaire, a décidé d’augmenter sa dette pour financer un plan d’investissement massif. Et Paris a particulièrement souffert de sa situation politique instable qui a apporté une prime de risque à sa signature sur les marchés.

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