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L’avenir du verrier français Duralex suspendu à la décision du tribunal de commerce

Placé en redressement judiciaire, l’emblème de l’industrie tricolore de la vaisselle en verre trempé doit être fixé sur la possibilité de sa reprise par le tribunal de commerce d’Orléans ce mercredi 5 juin. Quatre offres se disputent pour récupérer «la tour Eiffel de la vaisselle» et sauver 227 emplois.

An employee holds a glass as he works at the Duralex International glass factory in La Chapelle-Saint-Mesmin, near Orleans, France March 10, 2017. REUTERS/Benoit Tessier (Benoit Tessier/REUTERS)
Publié le 05/06/2024 à 12h57

Cession ou liquidation ? Le destin du verrier français Duralex se joue ce mercredi 5 juin au tribunal de commerce d’Orléans. Connue dans le monde entier pour ses assiettes réputées incassables (et notamment en France pour ses verres de cantines d’école), l’entreprise avait demandé à la surprise générale l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire le 16 avril, trois ans après sa prometteuse reprise par le groupe Pyrex. Désormais, le tribunal doit déterminer si une nouvelle reprise «est possible, ou pas». Quatre propositions sont à l’étude, parmi lesquelles figurent deux banques, un fonds d’investissement ainsi qu’une société coopérative et participative (Scop), dans laquelle près de 130 salariés se sont déclarés prêts à mettre chacun 500 euros.

Pour les syndicats, «aucune offre n’est sérieuse»

Selon des sources syndicales, les quatre propositions de reprise ont été étudiées mardi 4 juin lors d’une réunion extraordinaire du comité social d’entreprise (CSE) au siège de Duralex, à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret). Pour l’heure, deux présentent «un vrai contenu industriel», ce qui permettrait «une poursuite de la production» au sein de l’entreprise, a détaillé François Bonneau, président de la région Centre-Val-de-Loire. Un point auquel les collectivités territoriales concernées sont «très attachées» étant donné «la part importante de l’histoire industrielle de notre région» que représente Duralex, a-t-il assuré.

Du côté des représentants des salariés, la prudence est de mise. «Aucune des offres n’est complète, sérieuse ou aboutie», affirme un syndicaliste, estimant néanmoins que seule la Scop permettrait de «reprendre tous les actifs sociaux et maintenir l’ensemble des 227 emplois». Aucun détail sur l’identité des potentiels repreneurs n’a été communiqué par les administrateurs judiciaires, mais ces derniers se déclarent en faveur d’une «prolongation du délai de formulation des offres pour une durée de plusieurs semaines», demande qui sera présentée ce mercredi au tribunal.

Lors de l’audience, un rapport confidentiel inédit rédigé par le mandataire et les administrateurs judiciaires pendant leurs six mois d’observation des comptes du verrier doit être étudié à huis clos. Il s’agira d’étudier «la situation de la société et ses perspectives», «faire un bilan économique et social» et savoir «si l’entreprise arrive à couvrir les frais et si on peut chercher un repreneur», a précisé une source judiciaire. En clair, permettre au tribunal de choisir entre deux options : la cession de Duralex si l’entreprise a les moyens de poursuivre son activité, ou sa liquidation judiciaire.

Des années de galère

En attendant la décision, les acteurs font état de leur lassitude. «On espère avoir le moins de casse sociale possible», a déclaré un représentant syndical, qui souligne que les salariés «commençaient à avoir l’habitude de ce type de situation». De son côté, la nouvelle PDG de l’entreprise Géraldine Fiacre concédait en avril dans un entretien au quotidien régional La République du Centre que «Duralex est en difficulté depuis pas mal d’années».

Le gouvernement avait alors assuré «être prêt à accompagner Duralex» si «une offre de reprise solide émerge». Une promesse de sauvetage qui n’est pas sans rappeler le prêt de 15 millions d’euros fait par l’Etat en 2022, alors que la verrerie était déjà en difficulté après la flambée des prix de l’énergie à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

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