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Le constructeur chinois BYD dépasse Tesla en panne

L’entreprise d’Elon Musk a vendu 1,636 million de véhicules en 2025, contre 2,26 millions pour son concurrent chinois qui devient pour la première fois le numéro 1 de l’industrie de la voiture électrique.

Des véhicules BYD destinées à l'exportation en attente d'être chargées sur un navire dans un port de Yantai, dans l'est de la Chine, en avril 2024. (Photo/AFP)
Publié le 03/01/2026 à 10h04

C’est une nouvelle illustration du dynamisme économique chinois. Pour la première fois, le constructeur automobile de Shenzhen, BYD, détrône Tesla. L’entreprise d’Elon Musk a subi un sérieux coup de froid sur ses ventes en 2025, avec 1,646 million de voitures vendues en 2025 (contre 1,79 million en 2024), tandis que son concurrent en a écoulé 2,26 millions. Conséquence, Tesla abandonne sa couronne de premier constructeur mondial de véhicules électriques à l’entreprise chinoise.

Le quatrième trimestre a été particulièrement difficile pour le groupe américain, avec seulement 418 227 voitures livrées (contre plus de 495 000 un an plus tôt à la même période), en deçà des prévisions - pourtant moroses - des analystes du secteur. La faute aux mesures anticlimat de Donald Trump, qui a notamment supprimé le crédit d’impôt pour les véhicules électriques et qui a annoncé début décembre son intention d’assouplir les règles sur la consommation de carburant et les émissions de CO2. Ironie de l’histoire, c’est aussi le soutien d’Elon Musk au président américain durant sa campagne et après son investiture qui a fait plonger les ventes de Tesla dans le rouge. Appels au boycott, manifestations, dégradations de voitures, ont sérieusement entaché l’image (et les bénéfices) du constructeur, en particulier en Europe.

Petite consolation pour le groupe d’Austin : il est devenu en 2025 le premier fabricant en Norvège, où il a enregistré une hausse de 35 % de ses ventes. Il faut dire que ce pays est un cas particulier : cette année il a frôlé son objectif d’atteindre les 100 % des voitures zéro émission en 2025, le tout-électrique ayant représenté 95,9 % des nouvelles immatriculations l’an dernier.

Ascension fulgurante

Pendant ce temps, BYD – un acronyme pour «Build your dreams» – a poursuivi son ascension fulgurante. Les droits de douane à 150 % imposés par l’administration Trump n’ont de toute évidence pas freiné sa croissance, la contraction du marché intérieur chinois non plus. Le groupe de Shenzhen, créé en 1995 et spécialisé au départ dans la fabrication de batteries électriques, se tourne désormais de plus en plus vers l’international et ne cesse de gagner du terrain en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Europe. Le constructeur prévoit d’ouvrir sa première usine européenne en Hongrie au printemps 2026 et une autre prochainement en Turquie afin d’alimenter les marchés européens et du Moyen-Orient.

En France, où il est arrivé mi-2023, BYD est en pleine dynamique. En 2024, il avait vendu 5415 véhicules ; pour 2025, il prévoit 14000 ventes. Et le constructeur entend bien passer à la vitesse supérieure en 2026. Il ambitionne de multiplier par deux ses immatriculations dans l’Hexagone et de porter ses points de vente de 68 aujourd’hui à 200 d’ici à la fin de l’année.

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