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Le géant de l’informatique Capgemini envisage de supprimer 2 400 postes en France

Le groupe hexagonal, qui invoque un ralentissement de ses clients dans l’industrie et le développement de nouvelles activités, assure que tout se fera sur la base du volontariat, par des réorientations internes ou une rupture conventionnelle collective.

Le site de Capgemini à Issy-les-Moulineaux, le 9 mai 2025. (Daniel Perron/Hans Lucas. AFP)
Publié le 20/01/2026 à 11h51, mis à jour le 20/01/2026 à 15h53

C’est, de mémoire syndicale, le premier gros projet de suppressions de postes au sein du géant français de l’informatique Capgemini depuis plus de vingt ans. L’entreprise de services numériques a annoncé ce mardi 20 janvier aux représentants syndicaux qu’elle envisageait de fermer 2 400 postes en France, où elle emploie près de 35 000 personnes. Dans la foulée, elle a communiqué auprès de l’AFP pour expliquer que «dans un environnement économique marqué par une croissance modérée et des défis majeurs pour certaines industries, Capgemini en France doit se transformer pour répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle».

Davantage de détails doivent être mis sur la table le 29 janvier, à l’occasion d’un CSE (comité social et économique) central qui donnera aussi le coup d’envoi d’une information consultation. A ce stade, Capgemini dit avant tout tabler sur des réorientations internes «vers des métiers d’avenir» liés au développement de la data, du cloud et de l’IA. Laquelle figure en bonne place dans les derniers documents financiers publiés par le groupe.

Un dispositif de rupture conventionnelle collective sera aussi mis en place sur la base du volontariat, assure le groupe. Ce qui, forcément, suscite quelques suspicions en interne. Outre qu’elle doute que ce soit du «vrai volontariat», la CGT s’inquiète du fait que la négociation démarre début février, avant même la remise d’un rapport d’expert qui doit intervenir dans les trois ou quatre mois, explique Yacine Baghou, co-secrétaire général de la CGT Capgemini.

Le syndicat s’attend à ce que «la plupart» des périmètres métiers soient touchés au sein de ce géant qui trouve ses principaux clients au sein de l’industrie, notamment automobile et aéronautique, mais travaille également avec les pouvoirs publics.

Si le chiffre d’affaires a progressé de 2,9 % au troisième trimestre 2025, Capgemini souffre d’une «faiblesse persistante du secteur de l’industrie», selon le groupe. «Il y a un ralentissement global sur le secteur», abonde Yacine Baghou, soulignant que lorsque l’activité économique faiblit, «on coupe en premier dans les investissements informatiques». L’année dernière, déjà, les effectifs français ont été réduits de 5 % en ne remplaçant pas de nombreux départs, selon le syndicaliste.

Mise à jour à 15 h 50 avec l’article de notre journaliste.

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