Menu
Libération
Industrie pharmaceutique

Le laboratoire Urgo, marque emblématique de pansements, construit une nouvelle usine en France

Le groupe industriel français a annoncé ce vendredi 14 novembre la construction d’une nouvelle usine dans la Loire, près de Saint-Etienne, avec l’ambition de devenir le premier producteur mondial de bandes de compression médicale.

Les Laboratoires Urgo, spécialiste du pansement et de la cicatrisation, à Chevigny-Saint-Sauveur, le 12 mars 2013. (Vincent Nguyen/Riva-Press.Libération)
Publié le 14/11/2025 à 10h56

Une usine de 35 000 mètres carrés dans une commune de la Loire. Andrézieux-Bouthéon, à une dizaine de kilomètres de Saint-Etienne, sera le lieu d’installation du prochain site du groupe français Urgo, vient d’annoncer le spécialiste des pansements. Le produit d’un investissement de 60 millions d’euros d’ici 2029, qui devrait générer «200 emplois directs et 115 indirects à horizon dix ans» dans la région, selon un communiqué de l’entreprise familiale.

Le futur complexe a bénéficié de 600 000 euros de subventions publiques. Situé à cinq kilomètres de l’usine historique du groupe à Veauche (130 salariés), il rassemblera «sur un même lieu une production de pointe et la logistique de distribution».

Le groupe compte s’appuyer sur cette usine pour atteindre son ambition «de devenir le leader mondial de la compression médicale». Il entend d’ailleurs réaliser ce projet tout en maintenant l’intégralité de sa production en France, a assuré à l’AFP l’un des dirigeants du groupe, Guirec Le Lous, petit-fils du fondateur de la marque. Ancien pharmacien des armées, témoin de la pénurie de pansements pendant la guerre, Louis Le Lous a créé la marque Urgo en 1958. Il était alors à la tête des Laboratoires Fournier à Dijon.

3 800 employés dans le monde, 1 100 en France

L’entreprise est désormais présente dans plus de 60 pays et emploie 3 800 personnes. Elle a triplé son chiffre d’affaires au cours de la dernière décennie, jusqu’à atteindre 890 millions d’euros en 2024, dont la moitié à l’international. Elle fabrique plus de 80 % de ses produits en France, où elle compte 1 100 employés. Outre son activité historique dans les pansements, le groupe a développé une offre de santé du quotidien (baume pour les lèvres, solutions contre les aphtes, les verrues, etc.), qui représente aujourd’hui 50 % des ventes.

Son deuxième métier est dédié au traitement médical des plaies, avec des bandes de compression pour soigner les ulcères de la jambe d’origine veineuse, des lésions cutanées longues à cicatriser. Ces dispositifs, appliqués sur la jambe, «permettent de restaurer le retour veineux», un segment où Urgo est numéro deux mondial. Le groupe est également présent dans la technologie laser pour optimiser le processus de cicatrisation, des traitements esthétiques. Il développe un projet de production de peau artificielle.

Scandales des cadeaux illégaux

Mais Urgo a aussi été très mis en avant médiatiquement ces dernières années pour des raisons moins reluisantes. Il a été sanctionné pour avoir offert des cadeaux illicites aux pharmaciens, afin qu’ils renoncent à une remise commerciale. Le labo a été condamné en 2023 à une amende de 1,125 million d’euros - dont 625 000 euros avec sursis - par le tribunal correctionnel de Dijon, après une enquête de la répression des fraudes.

Les «cadeaux Urgo» avaient éclaboussé l’éphémère ministre de la Santé, Agnès Firmin Le Bodo, elle-même pharmacienne et condamnée en 2024 à 8 000 euros d’amende. Entre 2015 et 2020, elle avait reçu montres de luxe, bouteilles de vin, iPhone et autres présents d’une valeur estimée à 20 000 euros.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique