Un petit écart entre le taux d’intérêt de la France et celui de l’Allemagne à échéance dix ans et c’est la communauté des observateurs macroéconomiques hexagonaux qui pousse un ouf de soulagement. Après plus de dix-huit mois au-delà de la barre des 0,6, le spread est enfin revenu à son niveau de juin 2024, date à laquelle Emmanuel Macron a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale.
Cet écart est un baromètre de la confiance des investisseurs envers la France. A 0,59 point, il fait mieux que les 0,62 point et que le début de semaine, à 0,70 point. Dans le concret, et alors que l’adoption définitive du budget 2026 est en approche, le taux d’intérêt à dix ans de la France se situe à 3,49 %, tandis que celui de l’Allemagne a atteint 2,90 %. Un instrument versatile, sensible au moindre soubresaut politique : on se souvient qu’il s’était ainsi enrhumé en 2017, quand Jean-Luc Mélenchon et son programme de justice fiscale et de remise en cause des traités européens, s’étaient trouvés à leur plus haut dans les sondages.
L’effet bœuf de la dissolution et de l’instabilité
Le resserrement actuel salue en tout cas le retour d’une certaine stabilité politique en France, du fait de l’indulgence des socialistes et de la droite LR qui n’ont pas voté la censure du gouvernement après le passage en force de ce dernier pour faire adopter la partie «recettes» par 49.3. Ces dix-neuf derniers mois, au fil des chutes (Barnier en décembre 2024, Bayrou en septembre 2025) ou de l’absence de gouvernement, le «spread» franco-allemand était allé jusqu’à 0,87 point, en juillet 2024. Il évoluait à 0,5 point juste avant.
Interrogés par l’AFP, des analystes de cabinets d’investissement saluaient en chœur l’adoption du budget à venir. «Cela offre une forme de visibilité pour quelques temps» et «cela peut rassurer les investisseurs étrangers, même si le passage se fait en force», relève Alexandre Baradez, spécialiste des marchés chez IG France. «Il y a une forme de soulagement, car la situation politique se simplifie, au moins à court terme», renchérit Nathalie Benatia, économiste chez BNP Paribas Asset Management.
Le soulagement côté analyste français est d’autant plus prégnant qu’il est marqué par la hausse du taux d’intérêt en Allemagne. Longtemps chantre de la rigueur budgétaire, la première économie européenne a lancé un plan d’endettement public pour moderniser ses infrastructures et son armée, sous l’impulsion de son chancelier Friedrich Merz, ce qui fait monter ses taux.




