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Dans le rouge

Le surendettement est en forte hausse chez les jeunes, alerte la Banque de France

Le nombre de dossiers déposés par les moins de 30 ans a augmenté de 36 % en 2025. Les femmes et les chômeurs y sont davantage représentés que pour l’ensemble des surendettés.

La façade de la banque de France à Paris, le 30 juin 2025. (Martin Lelievre/AFP)
Publié aujourd'hui à 15h57

Alors que les files d’attente des distributions alimentaires ne cessent de s’allonger et que certains étudiants se résolvent à créer des cagnottes en ligne pour joindre les deux bouts, les jeunes sont de plus en plus concernés par le surendettement, alerte ce mardi 17 février la Banque de France. Les minicrédits et les paiements fractionnés sont notamment mis en cause par l’institution.

Le nombre de dossiers déposés par les moins de 30 ans est passé de 12 500 en 2024 à 17 000 l’an dernier, soit une augmentation de 36 % sur un an, a précisé lors d’une conférence de presse la directrice adjointe des services aux particuliers, Hélène Arveiller. Dans cette tranche d’âge, les femmes et les chômeurs sont davantage représentés que pour l’ensemble des surendettés.

La hausse est encore plus marquée chez les 18-25 ans, avec une augmentation de 65 % sur un an, pour environ 5 000 dossiers en 2025. «Leur endettement est caractérisé par une part de crédits à la consommation qui est plus élevée que pour l’ensemble des surendettés […] même si leur endettement médian de crédit à la consommation est plus faible», a souligné Hélène Arveiller. «Un tiers des dossiers qui contenaient des paiements fractionnés ou des minicrédits étaient souscrits par des jeunes de moins de 35 ans», a-t-elle ajouté, un phénomène «en forte augmentation».

Pauvreté, inflation, chômage

L’Association des sociétés financières (ASF), qui regroupe notamment les acteurs du crédit à la consommation, faisait état fin janvier d’une «tendance marquée à l’augmentation des premiers impayés» pour les financements de projets des ménages via un crédit à la consommation, ainsi qu’une hausse des demandes de reports.

Le nombre de dossiers de surendettement a grimpé de près de 10 % l’an dernier, selon des chiffres partagés mi-janvier par la Banque de France, avec un total de 148 013 dossiers, au plus haut depuis 2018. La banque centrale liste la conjoncture économique et sociale (pauvreté, inflation, chômage), la situation personnelle des ménages (perte d’emploi, problème de santé, séparation) comme facteurs explicatifs de cette forte hausse, mais aussi une meilleure connaissance du grand public de l’aide qu’elle peut apporter.

Les créanciers sont pour l’essentiel des groupes bancaires privés, a indiqué la Banque de France, et dans une moindre mesure des organismes publics (CAF, Urssaf…) et des bailleurs publics et privés. L’effacement total ou partiel des dettes a concerné un peu plus de la moitié des dossiers clos l’an dernier, pour 1,3 milliard d’euros effacé, soit environ 20 000 euros par dossier. Hélène Arveiller précise que «le délai entre le dépôt et la solution apportée est de quatre mois».

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