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Le taux du livret A va baisser au 1er février en raison du ralentissement de l’inflation

Aujourd’hui à 1,7 %, la rémunération du produit d’épargne le plus populaire de France va être ramenée à 1,5 %. Son plus bas niveau depuis 2022.

Le taux de rémunération du Livret A atteindra son plus bas niveau depuis 2022 à partir du 1er février. (Denis Charlet/AFP)
Publié le 15/01/2026 à 10h26

Mauvaise nouvelle pour les épargnants. Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a annoncé ce jeudi 15 janvier une baisse du taux de rémunération du livret A, ramené à 1,5 %. Soit une baisse de 0,2 point. Cette mesure est une conséquence du ralentissement de l’inflation, mesurée à 0,8 % en décembre par l’Insee. Aujourd’hui à 1,7 %, le rendement de ce produit d’épargne très populaire - 57 millions de Français détiennent un Livret A - est calculé chaque semestre par la Banque de France.

Le calcul de ce taux, référence du marché de l’épargne en France, prend en compte d’une part un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autre part l’inflation du deuxième semestre 2025.

«Limiter la baisse»

La baisse de rendement du Livret A - dont le taux avait commencé 2025 à 3 %, avant d’être ramené à 2,4 % puis à 1,7 % au cours de l’année dernière - a cependant été légèrement amortie. Et c’est l’argument du pouvoir d’achat qui a prévalu pour convaincre le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau de «limiter la baisse» du taux en le proposant à 1,5 %, alors même que la formule de calcul le donnait à 1,4 %. Le gouverneur dispose en effet d’un pouvoir de dérogation à la règle de calcul s’il le juge nécessaire. Une maigre consolation donc, pour les épargnants qui ont vu le taux du Livret A divisé par deux en à peine un an.

Ce pouvoir de dérogation - exercé de concert avec le locataire de Bercy - avait déjà été mis en œuvre entre août 2023 et janvier 2025. Mais au détriment des épargnants : pendant 18 mois, la rémunération de ce produit d’épargne a été inférieure à ce qu’il aurait dû être si la formule avait été strictement appliquée.

Une baisse qui profite aux banques

Concrètement, la baisse du rendement du Livret A, bien que légèrement amortie, permettra aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher. C’est également une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles. De leur côté, les assureurs se réjouiront aussi de voir leurs assurances vie encore plus compétitives face au Livret A.

Et le taux de rémunération du produit d’épargne le plus répandu chez les Français n’est pas le seul à connaître une modification à compter du mois prochain. Comme à son habitude, la Banque de France a mis l’accent sur le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d’un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A. Décidé à «soutenir résolument l’épargne populaire», le gouverneur de la Banque de France envisage de passer le taux du LEP de 2,7 % aujourd’hui à 2,5 % le 1er février.

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