La Banque de France a relevé vendredi 19 décembre sa prévision de croissance à 0,9% pour 2025, et 1% pour 2026, notamment en raison de chocs sur l’économie française aux effets moindres qu’escompté il y a quelques mois, et malgré un contexte budgétaire incertain.
Dans le sillage de l’Insee, l’institution monétaire a annoncé une prévision de croissance à 0,9% en 2025, après 1,1% en 2024, révisant à la hausse sa projection annuelle. Elle tablait jusqu’ici sur une progression du PIB français de 0,7% en 2025 et 0,9% en 2026, tandis que le ministère de l’Economie anticipe toujours une croissance à 0,8% en 2025.
En 2025, des prévisions revues à cause des droits de douane
Selon la Banque de France, la croissance du PIB progresserait de 1% en 2026. Elle estime que l’inflation devrait s’établir à 0,9% en 2025, après 2,3% en 2024, une prévision sensiblement inférieure à ses estimations il y a un an et au niveau de l’inflation dans la zone euro qui s’établit, selon la Banque centrale européenne (BCE), à 2,1%. Jeudi, la BCE a laissé ses taux inchangés pour la quatrième fois d’affilée, malgré une inflation sous contrôle.
Ces données de la Banque de France sont publiées dans un climat politique et budgétaire national marqué par l’incertitude, alors que sénateurs et députés ont échoué ce vendredi à aboutir à un compromis sur le budget en commission mixte paritaire. Le Premier ministre devrait avoir recours à une loi spéciale, permettant de lever les impôts de 2025 en 2026 avant de tenter d’obtenir un budget en début d’année prochaine.
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Les prévisions partagées par l’institution renouent avec celles partagées fin 2024, qui avaient ensuite dues être abaissées, conséquence directe des chocs nés des incertitudes liées aux politiques douanières erratiques des Etats-Unis. En cours d’année, la Banque de France avait ainsi abaissé ses prévisions à 0,6% au mois de juin. Son économiste en chef, Olivier Garnier, relève ainsi que l’impact des droits de douane a été moindre que redouté, tout en prévenant que les effets pourraient être «plus durables».
Les exportations au secours de la croissance en 2025
En 2025, c’est surtout l’activité aéronautique et le dynamisme des exportations au second semestre qui ont permis de réviser les chiffres à la hausse. En 2026, la croissance part pour être soutenue par un redressement de la consommation des ménages et de l’investissement privé, estime la Banque de France, qui s’est toutefois gardée de fournir des prévisions chiffrées sur le déficit public, compte tenu de la forte incertitude. En l’état actuel des choses, Olivier Garnier prévoit ainsi un déficit budgétaire «au mieux de 5% du PIB», et encore cela dépend-il de l’adoption d’un budget, de l’éventualité d’une loi spéciale, etc.
Signe d’une incertitude et d’une confiance toujours affectée des ménages, le taux d’épargne, lui, reste à un niveau très élevé. Il devrait se situer à 18,5% pour l’année 2025, contre 18,2% en 2024. Très au-dessus des taux de 14 à 15% observables entre les années 1990 et 2020. Si la Banque de France anticipe un repli en 2026, cette dynamique reste encore liée un « climat d’incertitude politique s’améliore».
Mise à jour à 10 h 33 avec l’échec des parlementaires à trouver un accord sur le budget en commission mixte paritaire.




