«Je préfère La Traviata à cette chanteuse énorme malienne qui chantait devant l’Académie française», a lâché à l’antenne de CNews l’écrivain Richard Millet, ce lundi 23 février matin, vers 9 heures L’auteur a persisté dans un racisme, un sexisme et une grossophobie décomplexés : «Je peux parler comme ça, je suis désolé ! […] C’était une provocation !»
Invité au micro de Pascal Praud pour débriefer la cérémonie de clôture des JO d’hiver 2026 dans l’émission l’Heure des pros ayant eu lieu la veille, l’homme de 72 ans faisait référence à la performance très remarquée de la chanteuse franco-malienne lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris. Visée depuis par des injures racistes, la chanteuse avait porté plainte pour cyberharcèlement, menant au jugement de 13 personnes liées à l’extrême droite pour injures racistes. Dix d’entre elles ont été condamnées à des peines allant de 1 000 à 3 000 euros d’amende pour injure publique aggravée, et non pas provocation à la haine.
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«Je vais être obligé de modérer ! C’est votre avis, c’est votre goût», est tout de suite intervenu Pascal Praud en plateau. «Vous nous mettez en difficulté nous, la chaîne, et vous me mettez en difficulté moi, parce qu’après c’est moi qui suis responsable», a rappelé l’animateur, assurant être «très vigilant sur ce qui se dit sur ce plateau» et veiller aux éventuels «propos inappropriés». En décembre déjà, l’Arcom mettait en garde CNews, propriété du milliardaire Vincent Bolloré pour «préjugés sexistes».
«J’appelle un chat, un chat»
L’animateur star de CNews a fini par une requête : «Je voudrais simplement que vous présentiez vos excuses à cette jeune femme» (Aya Nakamura a 30 ans), rappelant plus largement : «Je demande à tous ceux pendant un an qui vont venir sur ce plateau, d’être vigilants sur ce qu’ils disent, à moi le premier.» Une prudence étonnante, alors que la chaîne est connue, selon un rapport RSF publié en novembre, pour contourner «de manière flagrante et systématique» le cadre imposé par l’Arcom, afin de promouvoir les idées d’extrême droite.
À contrecœur, Richard Millet a énoncé des excuses, seulement après avoir défendu son propos : «J’ai été formé à une école qui est celle de l’honnête homme […] J’appelle un chat un chat, en tant qu’écrivain aussi, j’appelle les choses, je dis les choses telles qu’elles sont. Je présente mes excuses.»
Coutumier des saillies racistes, Richard Millet avait déjà tenu des propos choquants au micro de France Culture en 2011. «Quelqu’un qui à la troisième génération continue à s’appeler Mohammed quelque chose, pour moi, ne peut pas être français», rapportait Mediapart. Ces propos ne sont pas un cas isolé, souligne le journal, rappelant que l’écrivain préfère l’expression «Français de sang» à «Français de souche». En 2012, l’écrivain et éditeur avait créé le scandale alors qu’il signait un pamphlet sur le terroriste norvégien Anders Breivik, suprémaciste blanc, auteur en 2011 des attentats d’Oslo et Utoya ayant fait 77 morts. Quatre ans plus tard, Gallimard le licenciait de son poste de membre du comité de lecture.
Suivie par 4,6 millions de followers sur Instagram, la chanteuse n’a pour l’instant pas réagi. Avec son cinquième album Destinée sorti en novembre, la superstar a confirmé sa puissance dans le paysage musical francophone.




