Menu
Libération
Justice

Café avec des élus du PS : la plainte de Thomas Legrand et Patrick Cohen contre «l’Incorrect» classée sans suite

Le magazine d’extrême droite avait diffusé en septembre une vidéo volée des deux journalistes échangeant avec des élus socialistes. Le parquet de Paris a justifié sa décision par la protection du secret des sources.

Les journalistes Patrick Cohen (à gauche) et Thomas Legrand (à droite) devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public à l'Assemblée nationale, le 18 décembre 2025. (Dimitar Dilkoff /AFP)
Publié le 29/01/2026 à 10h06

L’enquête pour «atteinte à l’intimité de la vie privée» et «reproduction d’information fausse de nature à troubler la paix publique» n’ira pas plus loin. D’après une source proche du dossier consultée mercredi 28 janvier par l’AFP, le procureur de la République de Paris a classé sans suite la plainte de Patrick Cohen et Thomas Legrand contre X et contre le magazine d’extrême droite l’Incorrect, déposée pour l’enregistrement et la diffusion clandestins d’une conversation avec des responsables socialistes en septembre.

Pour expliquer cette décision, le parquet a invoqué la protection du «secret des sources», qui «rend impossible la recherche de l’auteur de l’enregistrement», expliquent Patrick Cohen et Thomas Legrand, dans un communiqué réagissant à l’annonce. Selon une source proche du dossier, les magistrats ont indiqué aux avocats des plaignants que l’enquête n’a pas permis d’identifier l’auteur de la vidéo, que les deux journalistes considèrent «comme illégale».

Tous deux ont néanmoins assuré être prêts à mener d’autres procédures. «Le procureur nous indique la possibilité de poursuivre notre action en justice par d’autres voies pour qu’un procès ait bien lieu», affirment-ils. «Nous démontrerons que nous avons été victimes d’espionnage malveillant et que nos propos ont été manipulés et interprétés pour nous nuire et nuire au service public de l’audiovisuel à travers une opération qui n’a rien de journalistique.»

Une seconde enquête en cours

La diffusion de la vidéo par le magazine d’extrême droite, fondé par Jacques de Guillebon, proche de Marion Maréchal, avait déclenché une vaste polémique autour d’une supposée partialité de l’audiovisuel public en faveur de la gauche, les deux journalistes intervenant sur Radio France ou France Télévisions. L’extrait, où l’on entend Thomas Legrand dire «nous, on fait ce qu’il faut pour [Rachida] Dati, Patrick [Cohen] et moi», avait été abondamment commentée dans les médias de la bollosphère, au point de devenir le catalyseur d’une guerre ouverte avec les deux stations publiques.

Auditionnés le 18 décembre par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, les journalistes avaient dénoncé, dans un climat électrique, une machination à leur encontre, tandis que le rapporteur, le très inquisiteur député UDR Charles Alloncle, s’était étonné qu’ils ne fassent pas d’excuses. Fin décembre, Thomas Legrand, éditorialiste à Libération, a également porté plainte après la divulgation par Europe 1 d’une autre conversation privée dans un café avec l’ancienne patronne de France Inter Laurence Bloch. Une enquête est en cours.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique