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Dissonance

Condamnation définitive de Morandini pour pédodélinquance : la présentatrice de CNews Sonia Mabrouk prend ses distances avec l’animateur

Figure de la chaîne de Vincent Bolloré, la journaliste a été interpellée par le député socialiste Jérôme Guedj ce mardi. Elle a affirmé «ne pas en dormir» et penser «aux victimes quelles qu’elles soient, et aux victimes les plus jeunes».

Sonia Mabrouk, à Paris, en septembre 2024. (Joel Saget/AFP)
Publié le 20/01/2026 à 13h22

La décision de garder Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews malgré sa condamnation pour corruption de mineurs «ne m’appartient pas», a déclaré ce mardi 20 janvier l’une des vedettes de la chaîne, Sonia Mabrouk, selon qui «le respect» qu’elle voue à sa direction n’équivaut pas à «cautionner» ce maintien. «La décision de maintenir Jean-Marc Morandini, c’est une décision qui ne m’appartient pas. C’est la direction de CNews qui a assumé cette décision par fidélité, semble-t-il, à son égard», a affirmé la journaliste à la fin de son interview politique, après avoir été interpellée par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj.

«Votre question est légitime, j’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours», a-t-elle dit en conclusion. «J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas ça ne vaut de cautionner cela, en aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle», a-t-elle développé. «Je pense ce matin, comme vous et avec vous, aux victimes quelles qu’elles soient, et aux victimes les plus jeunes, je pense aux mineurs», a-t-elle ajouté, en se définissant comme une «mère de famille […] engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes». Tout en nuançant son propos : «Ça a été jugé par la justice française, il reste la justice européenne, je ne veux pas me substituer à la justice. Je voudrais simplement dire : il n’a pas été condamné pour ne plus exercer sa profession.»

«On assume complètement»

La journaliste est la première figure de la chaîne à prendre publiquement ses distances avec le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne. Elle a affirmé pouvoir s’exprimer en ces termes car CNews «est la chaîne de la liberté d’expression». Le 15 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Morandini pour corruption de mineurs notamment pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n’admettant pas son pourvoi.

Dans la foulée, CNews a annoncé son maintien à l’antenne pour son émission quotidienne, et l’animateur a indiqué qu’il envisageait de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. «On assume complètement» cette décision, a déclaré Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal + France. CNews, première chaîne d’info de France en part d’audience, appartient à ce groupe, qui est dans le giron du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré.

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