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Justice

Daniel Riolo relaxé, ses propos n’étaient pas «diffamatoires» contre Didier Deschamps

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce vendredi 30 janvier son jugement dans l’affaire qui opposait le sélectionneur des Bleus et l’éditorialiste de RMC, qui avait qualifié Deschamps de «menteur» au sujet de la blessure de Karim Benzema lors du Mondial 2022.

Didier Deschamps à son arrivée au tribunal correctionnel de Paris, le 20 novembre. (Anne-Christine Poujoulat/AFP)
Publié le 30/01/2026 à 16h15

Le journaliste Daniel Riolo a été relaxé dans une affaire de diffamation contre le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps, ce vendredi 30 janvier devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris. Les propos que «DD» reprochait à l’animateur de RMC, «s’ils sont péjoratifs et ont pu de ce fait légitimement heurter la partie civile, ne peuvent être considérés comme diffamatoires», selon le jugement.

Ce même jugement reconnaît cependant que «ces propos exprimés sous forme d’anathème et en des termes blessants» traduisent «une volonté de jeter le discrédit», «un jugement de valeur» et «un procès d’intention». Le sélectionneur des Bleus est condamné à payer 254 euros de frais de procédures. Ni les avocats de Riolo ni ceux de Deschamps n’ont commenté le jugement à la sortie de l’audience. Ni le chroniqueur ni l’entraîneur n’étaient présents.

La défense du sélectionneur n’avait pas décidé vendredi en début d’après-midi s’il souhaitait faire appel. DD poursuivait le journaliste pour «diffamation» et «atteinte à l’honneur». L’animateur de la radio RMC l’avait qualifié à l’antenne de «menteur» au sujet de la blessure de Karim Benzema, forfait de dernière minute pour le Mondial-2022.

Entre janvier et mars 2023, dans le cadre de l’émission «L’After Foot», un talk-show quotidien diffusé sur RMC, Riolo avait accusé Deschamps d’avoir «dissimulé la vérité sur le départ de Karim Benzema» lors du Mondial 2022, auquel l’attaquant n’avait donc finalement pas pris part en raison d’une blessure.

«Dans toutes les affaires louches»

Dans d’autres propos incriminés, Daniel Riolo avait reproché au sélectionneur des Bleus d’apparaître «dans toutes les affaires louches du football français», citant notamment l’affaire de corruption VA-OM, en référence au match de D1 ayant donné lieu à des cas de corruption en mai 1993 - Deschamps jouait alors à Marseille -, ou encore des affaires de dopage à la Juventus Turin, où il a évolué comme joueur. Sur ces sujets, «le propos n’impute pas à Didier Deschamps de faits suffisamment précis», estime le jugement.

A la barre le 20 novembre, le chroniqueur de RMC s’était défendu en évoquant «un propos général». «Je n’ai pas accusé Didier Deschamps de faire partie de l’affaire de corruption VA-OM ou de s’être dopé à la Juve», a-t-il argué. Riolo a plus largement fait valoir qu’il s’agissait d’une «émission d’opinion» au cours de laquelle est passé quotidiennement au crible le monde du ballon rond auprès d’une audience de 13,9 millions d’auditeurs (direct et podcast), selon Médiamétrie. «Il est impossible pour moi de laisser passer ces propos qui portent atteinte à mon honnêteté, à mon honneur», avait déclaré Deschamps devant les juges.

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