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Etats-Unis

David Greene, ex-animateur star de la National Public Radio, porte plainte contre Google pour usurpation de sa voix

Le journaliste américain accuse le géant du numérique d’utiliser une voix ressemblant trait pour trait à la sienne dans le logiciel d’intelligence artificielle NotebookLM, ce que réfute Google, qui assure avoir fait appel à un acteur.

David Greene. (WGALTV)
Publié aujourd'hui à 16h09

«On dirait vraiment ta voix !» A l’automne 2024, David Greene reçoit un e-mail d’un ancien collègue de la National Public Radio, où il a officié en animateur star du Morning Edition pendant près de dix ans. «Alors… je suis probablement la 148e personne à poser cette question, mais tu as autorisé Google à utiliser ta voix ?», lui demande-t-il alors, en référence aux podcasts générés par intelligence artificielle sur NotebookLM, un outil du géant du numérique américain particulièrement apprécié. David Greene, lui, n’avait jamais entendu parler du logiciel. Lorsqu’il lance l’un de ces faux échanges entre un homme et une femme, c’est le choc.

«J’étais complètement paniqué, dit-il au Washington Post. C’est un moment étrange où l’on a l’impression de s’écouter parler.» Pour lui, sa voix a été usurpée. Tout y est : le rythme, l’intonation, les tics de langage – même les «euh» et les «genre» qu’il s’efforçait à effacer à l’antenne sans y parvenir totalement. Pour en avoir le cœur net, il fait écouter le podcast avec sa vraie fausse voix à sa femme, qui parvient à la même conclusion. «Ma voix, c’est un peu la partie la plus importante de qui je suis», assure David Greene, pour qui le préjudice est plus profond qu’une simple occasion manquée de tirer profit de son atout vocal.

L’animateur a ainsi décidé de porter plainte en janvier 2026 contre Google, l’accusant d’avoir violé ses droits en reproduisant sa voix sans son autorisation et d’avoir entraîné Notebook LM sur ses enregistrements publics – donnant au passage aux utilisateurs le pouvoir de lui faire dire des choses qu’il n’aurait jamais prononcées.

Auprès du quotidien américain, le porte-parole de la multinationale affirme que «ces allégations sont sans fondement». «La voix masculine utilisée dans les aperçus audio de NotebookLM est celle d’un acteur professionnel rémunéré par Google», a ajouté José Castañeda.

Un tribunal du comté de Santa Clara, en Californie, pourrait ainsi être saisi, afin de déterminer si la ressemblance est suffisamment frappante pour que le public puisse confondre cette voix avec celle de l’animateur, et le cas échéant, prendre des mesures pour empêcher cette confusion.

L’avocat de David Greene, de son côté, soutient que les enregistrements établissent clairement une ressemblance. «Nous avons confiance en la justice et encourageons le public à écouter l’extrait audio», a déclaré Joshua Michelangelo Stein. Sur le site du Washington Post, deux extraits (versés au dossier judiciaire) ont été publiés pour se faire soi-même une idée de la chose.

La fonctionnalité «Résumé audio» de NotebookLM a fait sensation lors de sa sortie en 2024 auprès des passionnés d’intelligence artificielle, elle permet de résumer de longs documents en une sorte de talk-show dynamique entre deux personnes.

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