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De quelle façon «Libération» utilise l’IA ?

Dans un souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, «Libé» publie ici la liste exhaustive de ses usages d’outils relevant de l’intelligence artificielle.

Au siège du quotidien à Paris. (Stephane de Sakutin/AFP)
Publié le 07/11/2025 à 10h16

L’IA a-t-elle cours à Libération ? Que peut-on lui demander ? Que nous répondent les machines ? Alors que l’intelligence artificielle, dite générative, a en un temps record investi tous les champs de la société – d’un exposé sur la biodiversité en classe de 6e aux technologies aérospatiales les plus pointues en passant par les objets conversationnels les plus répandus –, Libé fait le point sur ses propres usages dans un souci constant de transparence vis-à-vis de ses lecteurs.

Oui, nous utilisons l’IA. Elle ne se promène pas en liberté dans la rédaction, ne s’immisce pas dans nos articles, ne se cache pas derrière les photos. Mais cette technologie, comme toutes les entreprises, nous aussi, nous nous en servons. A Libé, on aime bien tester, essayer, expérimenter, et documenter l’apparition et le déploiement des technologies de l’information est au cœur de notre mission. Premier quotidien français à s’être lancé en mai 1995 sur ce qu’on appelait encore un peu mystérieusement «l’Internet», le journal s’intéresse depuis toujours aux innovations techniques et numériques. L’IA n’échappe donc pas à la règle et a droit de cité depuis plusieurs années avec un certain nombre de systèmes désormais communément qualifiés «d’Intelligence artificielle».

Alors que sont précisément ces pratiques, ces domaines d’application ? Nous vous en proposons ici une liste, qui se veut exhaustive, et qui sera mise à jour au rythme de l’évolution des usages.

Un contexte de dialogue

Par principe, et ce n’est pas une spécificité uniquement dédiée aux outils d’IA, leurs usages et leurs évolutions se font dans un contexte d’échanges permanents entre les différents services – qu’ils soient rédactionnels ou techniques – la direction de la rédaction et les représentants de la rédaction. La qualité et la fiabilité de ces outils sont nos premiers critères d’usage, dans un cadre éthique strict. Nous sommes très vigilants en particulier sur :

  • La transparence envers nos lecteurs
  • La vérification et la validation humaine
  • La formation en continu de nos équipes à ces technologies et leurs enjeux

Maintenir le dialogue, interne comme externe, nous paraît essentiel. Nous avons donc mis en place une ligne directe avec notre rédaction sur ce sujet : ia@liberation.fr. Vous pouvez nous écrire pour toute question ou remarque, si vous trouvez un défaut ou une erreur, ou si vous avez une bonne idée à nous suggérer !

Des usages, toujours vérifiés et validés

Nos usages de systèmes d’intelligence artificielle se divisent en plusieurs domaines.

Indexation, archivage, analyse de contenus et de données

Des systèmes d’analyse du langage et de l’image nous servent à faciliter les tâches de classification de nos publications :

  • Catégorisation thématique des articles
  • Moteurs de recherche et de recommandation d’articles similaires

Nous utilisons pour cela des systèmes appelés «modèles de langage» ouverts ou fermés (c’est-à-dire disponibles publiquement ou bien accessibles uniquement en payant) et des systèmes de reconnaissance de caractères (pour numériser un texte en PDF par exemple) et d’images.

Aide à la production

Nos journalistes et éditeurs sont libres de s’aider de systèmes de traitement du langage, du son, de l’image, qui se basent sur l’IA, pour faciliter certaines tâches :

  • Aide à la traduction d’articles et d’interviews de l’anglais vers le français. Ces traductions sont ensuite vérifiées, complétées et adaptées sous la supervision de nos journalistes, puis éditées par la rédaction.
  • Transcription (conversion de pistes audio en texte), pour faciliter la rédaction d’interviews notamment à partir d’enregistrements ou pour ajouter des sous-titres à nos vidéos.
  • Mixage audio, avec des outils intégrés à nos logiciels de traitement audiovisuel, notamment pour améliorer la qualité des captations.
  • Assistance à la correction orthographique et grammaticale des articles. La relecture des articles (et leurs titres) reste la compétence exclusive du service Edition.

Nous utilisons pour ces usages une grande variété d’outils, dépendant des besoins et habitudes de chacun. Des systèmes de traduction professionnels, des modèles de langages propriétaires ou ouverts, des logiciels de transcription dédiés ou intégrés à nos suites logicielles.

Pour toutes ces catégories d’usages qualifiés d’aide à la production, nous avons édicté comme principe qu’ils interviennent en aide ou support à une activité humaine, en aucun cas en remplacement. Ainsi chacun de ces traitements est réalisé sous la supervision d’un journaliste ou d’un membre de l’équipe technique, selon les cas, qui reste le seul responsable du travail et du résultat final.

Nouveaux services pour nos lecteurs

Certains systèmes d’intelligence artificielle rendent possibles de nouvelles fonctionnalités, autrefois impensables. Parce que ces fonctionnalités se trouvent en relation directe avec nos lecteurs, elles font l’objet d’un suivi particulièrement attentif et d’une signalétique claire.

  • Génération automatique de la version audio des articles de la rédaction sur notre site et nos applications (Android et iOS).

Outils d’investigation

Encore largement en phase expérimentale, et selon les besoins spécifiques de chaque service et domaine d’enquête, nous sommes amenés à utiliser des systèmes permettant la collecte et le traitement de grandes quantités d’informations.

  • Projet Spinoza : ce prototype développé par RSF et l’Alliance de la presse d’information générale permet à nos journalistes de trouver rapidement des informations fiables, sourcées, recoupées par d’autres professionnels, sur les questions liées à l’environnement et au climat. D’autres versions sont en développement.
  • Analyse d’image : fact-checking, enquêtes en Open source Intelligence (OSINT)

Ce que nous ne faisons pas

  • Dès le 8 décembre 2022 et notre une dédiée au phénomène ChatGPT, il a été décidé de ne pas utiliser d’images générées par IA (ce qui n’a jamais été le cas avant par ailleurs) à des fins éditoriales, sauf pour des sujets directement liés à l’IA. Notre engagement en faveur du photojournalisme nous défend d’utiliser l’IA pour des contenus d’informations authentiques. En revanche, nous pouvons travailler avec des photographes qui, eux-mêmes, utilisent l’IA. Dans ces cas précis, c’est toujours clairement indiqué.
  • La présélection de photos d’actualité ou d’archives
  • La rédaction d’articles
  • Tout ce qui n’est pas mentionné dans cette liste

L’ensemble de ces pratiques, les domaines d’application et les outils employés sont en évolution et expérimentation permanentes. Nous maintenons un engagement de transparence et mettrons cette note à jour continûment.

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