Menu
Libération
Le compte est bon

«Des chiffres et des lettres» : France Télé condamné à verser 450 000 euros aux anciens animateurs de l’émission

Bertrand Renard et Arielle Boulin-Prat ont obtenu fin novembre la condamnation de leur ex-employeur par le conseil de prud’hommes de Paris révèle «le Parisien» ce vendredi 12 décembre pour leurs conditions de départ de l’antenne.

Les animateurs du programme "Des chiffres et des Lettres" Arielle Boulin-Prat, Bertrand Renard et Laurent Romejko, le 16 février 2012. (François Guillot/AFP)
Publié le 12/12/2025 à 17h13

Epilogue d’une rupture douloureuse. Selon les informations du Parisien révélées ce vendredi 12 décembre, France Télévisions a été condamné à indemniser les deux anciens animateurs de l’émission Des chiffres et des lettres, Bertrand Renard et Arielle Boulin-Prat, à hauteur de 450 000 euros. La somme étant divisée entre les deux têtes bien connues du petit écran : environ 230 000 euros pour le premier et 220 000 euros pour la seconde. Une indemnisation décidée par le conseil de prud’hommes de Paris le 27 novembre, qui a sévèrement jugé les conditions de leur départ du groupe audiovisuel à l’été 2022.

Bertrand Renard, quarante-sept ans de service dédié au programme dont les diffusions se sont arrêtées en 2024, et Arielle Boulin-Prat, trente-six ans d’animation, avaient dû quitter l’émission après avoir refusé le changement de formule décidé par France Télé : passer d’une quotidienne en semaine à un programme du week-end. C’est en tout cas la version donnée par le groupe public mais niée par les deux compères, qui avaient dénoncé à l’époque un départ «contraint et forcé».

Deux carrières faites de contrats courts

S’était alors engagée une bataille judiciaire pour contester les conditions dans lesquelles ils avaient été remerciés. Les deux septuagénaires (70 ans pour l’un, 72 pour l’autre) s’étaient présentés en janvier 2024 devant le conseil de prud’hommes de Paris pour réclamer plus de 500 000 euros chacun à leur ex-employeur.

La question de la requalification en CDI des très nombreux contrats courts (des CDD d’usage, CDDU) passés avec France Télévisions pendant des décennies avait accaparé une grande partie des débats. Sans consensus entre les conseillers prud’homaux, l’affaire avait été confiée à cinq juges, ce qui avait reporté la décision finale. Après une deuxième audience de «départage» le 4 septembre, les magistrats avaient finalement pris leur décision le 27 novembre avant d’en avertir les parties, ce jeudi.

Une «rupture brutale et vexatoire» liée à l’âge

La justice a finalement accédé à la demande des deux animateurs et converti l’ensemble de leurs CDDU en CDI à plein temps, en prenant pour date de commencement le 13 mars 1975 pour Bertrand Renard et le 25 février 1986 pour Arielle Boulin-Prat. Le salaire brut de référence retenu par les juges étant de 5 600 euros pour le premier et 5 400 pour sa collègue historique. Le licenciement est en outre jugé «nul».

Mais ce n’est pas tout. «L’ensemble des échanges met en évidence une exécution déloyale du contrat de travail imputable à la société France Télévisions», considèrent les juges, pour qui le tandem a été victime d’une «discrimination fondée sur l’âge». En conséquence de quoi, chacun recevra 10 000 euros de dommages et intérêts pour «rupture brutale et vexatoire» de la relation de travail.

Après cette décision, l’avocate des deux animateurs a déclaré qu’elle et ses clients étaient «très satisfaits sur les principes». Mais Me Juliette Mascart n’exclut pas de faire appel afin que la «nullité et les circonstances de leur licenciement soient mieux indemnisées». Le duo n’en a donc peut-être pas encore fini avec les affaires de chiffres.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique