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«Des déserts médiatiques» : le recul des médias locaux affecte la participation citoyenne, selon une étude

Les auteurs d’un rapport publié ce mardi 18 novembre par les Relocalisateurs et la Fondation Jean-Jaurès constatent une corrélation entre densité médiatique, notamment au niveau local, et vitalité démocratique.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors d'un entretien télé, le 8 octobre 2025. (Xose Bouzas/Hans Lucas. AFP)
Publié le 18/11/2025 à 11h34

Plus l’accès à l’information est limité, plus la participation à la vie de la cité est faible. Telle est la conclusion d’une étude sur les «déserts médiatiques», publiée ce mardi 18 novembre par la Fondation Jean-Jaurès, en partenariat avec l’institut Kantar et la société Showhere. «Les territoires dotés de médias nationaux et locaux dynamiques présentent souvent des niveaux plus élevés de participation électorale, de cohésion sociale et de mobilisation citoyenne», constatent les auteurs, qui sondent surtout l’aspect local, à l’approche des élections municipales, qui se tiendront les 15 et 22 mars 2026.

L’étude, menée du 25 mars au 30 avril 2025 auprès de plus de 10 000 Français, constate une corrélation entre densité médiatique et vitalité démocratique, et interroge : «La démocratie peut-elle survivre sans médias ?» Selon les données recueillies, les personnes qui consultent fortement des médias locaux sont deux fois plus impliquées (27 %) dans la vie communale que ceux qui n’en consultent pas (13 %). De plus, 87 % des suiveurs assidus de médias locaux votent à chaque élection, contre seulement 62 % chez les citoyens éloignés de ces médias.

Disparition de médias locaux

55 % des Français interrogés déclarent consulter plus ou moins régulièrement au moins un média local. La télévision locale est la plus populaire (consultée par 78 % des sondés), devant la presse locale (74 %) et la radio locale (67 %). Le sud de la France, la Bretagne, l’Alsace et encore l’Ouest parisien suivent beaucoup ces médias locaux, à l’inverse de certaines zones rurales qui sont moins connectées et de Paris intra-muros.

Or un tiers des sondés ont constaté la disparition d’au moins un média local dans leur région. «La télévision locale est la plus affectée (19 %), suivie par les médias numériques (15 %), la presse écrite (13 %) et la radio (13 %)», notent les auteurs. L’enquête a été publiée à l’occasion de la conférence annuelle des Relocalisateurs, association engagée pour une «relocalisation» des investissements publicitaires dans les médias traditionnels.

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