C’est un vaste remaniement en pleine saison dans une radio tourmentée, bien qu’en tête des audiences. La directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, va quitter son poste, a annoncé ce jeudi 5 février Radio France, confirmant des informations publiées par Le Figaro et Télérama avant que l’annonce n’en soit faite aux salariés. La normalienne de 43 ans, qui animait auparavant l’émission les Chemins de la philosophie sur France Culture, «a fait part de son souhait de retrouver l’antenne la saison prochaine» et «a accepté d’anticiper son départ […] pour que la préparation de la rentrée 2026-2027 se fasse dans les meilleures conditions», explique le groupe public dans son communiqué. L’annonce de son départ intervient en pleins remous pour l’audiovisuel public, scruté par une commission d’enquête parlementaire sur son «financement», son «positionnement» et sa «neutralité». Et à un peu plus d’un an d’une élection présidentielle très incertaine.
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Adèle Van Reeth sera remplacée en mars par Céline Pigalle, 54 ans, aujourd’hui directrice de l’information de Radio France et du réseau de radios locales ICI (ex-France Bleu). Cette ancienne d’Europe 1 et iTélé a dirigé l’antenne de BFMTV de 2016 à 2023, avant de rejoindre le groupe de radio public. Céline Pigalle sera également en charge de l’information de France Inter, poste qu’occupait Philippe Corbé, désormais à France Télévisions. Le départ de ce dernier mi-janvier aurait précipité nombre de décisions dans le groupe.
Des profils radio-télé
A la place de Céline Pigalle, Radio France a opté pour un ancien de la maison. Après avoir dirigé France Info de 2014 à 2017, passé depuis par Europe 1, France Télévisions et CMA Médias (BFMTV), Laurent Guimier s’occupera du réseau ICI. La troisième et dernière nomination concerne l’information du groupe, attribué à l’ex-reportrice de guerre Agnès Vahramian, dont les fonctions actuelles comprennent déjà la direction de France Info. Alors que les supports radio et télé se rapprochent toujours plus, les trois profils promus sont tout-terrain.
Après avoir succédé à Laurence Bloch en 2022, Adèle Van Reeth a vu ses méthodes de management critiquées par ses salariés, qui dénonçaient en juin un «mépris» et des choix «rétrogrades». Cela s’était traduit, en juillet 2024, par une motion de défiance adoptée à 80 % après l’éviction de Yaël Goosz de l’édito politique du matin. Une lettre ouverte des Sociétés de journalistes, producteurs et réalisateurs avait aussi été envoyée à tous les salariés de la station et à la PDG Sibyle Veil, en juin 2025, pour manifester le mécontentement des équipes face à la communication et au projet de leur directrice. En novembre, estimant que leur radio «perdait son âme», les salariés de France Inter écrivaient de nouveau à Adèle Van Reeth et à Sibyle Veil, témoignant d’un «mal-être profond».
Ces turbulences n’ont pas empêché France Inter de demeurer, et de loin, la première radio de France en audience ces derniers mois, selon les mesures de Médiamétrie. Si la station a essuyé une sévère chute à la rentrée 2025, période marquée par une grosse transformation de la matinale, elle s’est reprise sur la vague suivante, la quatrième meilleure de son histoire avec près de 7,2 millions d’auditeurs par jour pendant les mois de novembre et de décembre 2025.




