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Enquête

Hervé Gattegno, patron du «JDD» et de «Paris Match» : de l’ascension aux suspicions

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L’ambitieux dirigeant des deux hebdomadaires a quitté ses fonctions, a annoncé le groupe Lagardère mardi 19 octobre. Début juillet, «Libé» consacrait un portrait à ce journaliste, au cœur d’une enquête pour subornation de témoin dans l’affaire du financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Hervé Gattegno est à la tête du «JDD» depuis 2016 et de «Paris Match» depuis 2019. (Ugo Amez/SIPA)
Publié le 08/07/2021 à 16h30, mis à jour le 19/10/2021 à 11h50

Le deal était clair, arraché après une lutte de plusieurs SMS : OK pour une heure d’entretien, pas plus, au moment où le rideau de fer des bars parisiens est à peine levé. Hervé Gattegno a visiblement un emploi du temps de ministre d’Etat. Le journaliste, 57 ans, présente la singularité de diriger deux grands hebdomadaires, le Journal du dimanche depuis 2016 et Paris Match depuis 2019. Deux institutions séculaires de la presse française, propriétés du groupe présidé par Arnaud Lagardère. Mais contre toute attente, trois heures et dix minutes plus tard, Gattegno est encore sur le trottoir devant le café, pochette à pois à la veste et initiales brodées sur la chemise, à débattre de l’éthique journalistique, des crasses de ses «adversaires»Mediapart en premier lieu – et de ce qui fait un «bon coup» à la une. «J’ai toujours voulu être journaliste, pour l’indépendance et l’esprit de contradiction. Si je n’avais pas réussi, j’aurais adoré être avocat», lâche-t-il, malicieux, pour enrober une gouaille souvent teintée de mauvaise foi. Le talent rhétorique, la capacité d’argumentation et la fougue de conviction du bonhomme auraient fait merveille dans les prétoires.

Ce lundi, les cernes ne sont pas dessinés que par l’aurore. Enquêteur aux scoops retentissants et parfois sulfureux, Gattegno s’attend à être entendu sous peu par la police judiciaire. Pour une histoire rocambolesque : celle d’un

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