Rachida Dati s’est-elle rendue coupable de parjure devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ? L’actuelle ministre de la Culture, qui va bientôt quitter ses fonctions pour briguer la mairie de Paris, en est accusée par l’une des membres de cette instance, la députée socialiste Ayda Hadizadeh. Celle-ci a indiqué ce jeudi 12 février sur X qu’elle saisissait le président de la commission, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, sur la foi de ce soupçon.
Le litige porte sur des propos tenus par Rachida Dati lors de son audition, le 5 février. Alors qu’était évoqué le travail de l’émission Complément d’enquête sur France 2, qui a consacré un numéro à Rachida Dati en 2025, cette dernière a assuré qu’«ils [les journalistes] ont proposé, via un tiers [un journaliste indépendant, ndlr], auprès d’un membre de ma famille, de pouvoir le payer» pour des informations la concernant. «Il y a eu des échanges», a-t-elle précisé, affirmant avoir les coordonnées de ce tiers.
Une allégation fermement démentie ce jeudi par l’équipe de Complément d’enquête devant la même commission : «Nous n’avons évidemment pas donné d’argent ou proposé d’argent à quiconque dans l’entourage de Mme Dati, fût-ce par un tiers», a assuré le présentateur Tristan Waleckx.
Dati enjointe à transmettre «les documents dont elle a connaissance»
«Jamais je n’ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage. C’est contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires», a renchéri Louis Milano-Dupont, auteur du reportage. Il n’a pas non plus fait appel à un tiers, a-t-il ajouté. Le journaliste a précisé avoir reçu un mail «d’un proche de madame Dati», qui s’est reconnu dans les propos de la ministre en commission, où il affirme que Complément d’enquête ne lui a jamais proposé d’argent. Ce document va être également transmis aux députés.
Avec l’approbation du rapporteur ciottiste Charles Alloncle (UDR), Jérémie Patrier-Leitus a aussitôt indiqué qu’il allait demander à la ministre de «transmettre les documents dont elle a connaissance et qu’elle a en sa possession». Par cette démarche, il s’agit de déterminer qui de la ministre ou de l’équipe de Complément d’enquête dit la vérité. Cela pourrait conduire à une saisine de la justice pour suspicion de parjure, toutes ces déclarations ayant été faites sous serment. Si le parjure est avéré, son auteur est passible d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.




