«On ne doit pas l’affaiblir. On doit travailler ensemble.» Entendue pendant près de trois heures, ce jeudi 5 février, devant la commission parlementaire chargée d’enquêter sur la «neutralité, le fonctionnement et le financement» de l’audiovisuel public, Rachida Dati, ministre de la Culture, s’est attachée à défendre un monument qui vacille. «L’audiovisuel public doit être préservé», a martelé la ministre aux députés de cette commission créée à la demande de l’UDR d’Éric Ciotti - parti allié du Rassemblement national qui prône pour sa privatisation.
Reconnaissant la situation financière délicate de France Télévisions pointée par la Cour des comptes, la candidate à la mairie de Paris, qui doit bientôt quitter le gouvernement, a rappelé que le service public remplit des fonctions «non rentables». Bien qu’il y ait «un impératif de réforme structurelle et d’organisation à mener», elle a assuré que «L’Etat prendra ses responsabilités» au sujet du besoin en capitaux de l’entreprise publique.
Rappel à l’ordre de Delphine Ernotte
Au sujet de l’impartialité, sujet ultrasensible, la ministre a renvoyé vers l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel. Celle qui défend un projet de holding commune pour les différentes entités du secteur, a toutefois réprimandé la patronne de France Télé, Delphine Ernotte Cunci, qui, en septembre,avait qualifié CNews de «chaîne d’extrême droite» dans un contexte explosif entre les médias de la sphère Bolloré et l’audiovisuel public. Rachida Dati assure lui avoir dit «que ce n’était peut-être pas habile d’avoir indiqué qu’un autre média […] était d’extrême droite».
La commission devant laquelle est entendue la ministre a été créée dans la foulée de «l’affaire Legrand-Cohen», deux journalistes du service public accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion, début septembre, d’une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux de ses responsables. Dans cette vidéo, Thomas Legrand affirmait «faire ce qu’il faut pour» Rachida Dati. La ministre a dénoncé un vocabulaire inadapté tout en condamnant les méthodes d’enregistrement clandestines.
Son audition s’est déroulée globalement dans le calme, tranchant avec le climat souvent tendu des travaux de la commission d’enquête. Son président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) avait déploré jeudi le «triste spectacle» donné, après un incident qui l’avait opposé mercredi au rapporteur Charles Alloncle (UDR).




