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Patte blanche

Le milliardaire Rodolphe Saadé assure «ne pas s’immiscer dans la ligne éditoriale» de ses médias

Après l’annonce du rachat de «Brut» et de la chaîne Chérie 25 par le groupe CMA CGM, son PDG était auditionné ce mercredi 17 septembre à l’Assemblée nationale. Il y a affirmé sa volonté de préserver l’indépendance des médias qu’il détient.

Le patron franco-libanais du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, lors du Sommet sur l'intelligence artificielle au Collège Impérial de Londres, le 9 juillet 2025. (Ludovic Marin/AFP)
Publié le 17/09/2025 à 16h30

Après l’inquiétude, viennent les promesses. Dans un contexte de rachats en cascade, Brut et Chérie 25 passant sous la coupe du groupe CMA CGM, son patron, le milliardaire Rodolphe Saadé, a été auditionné à l’Assemblée nationale ce mercredi 17 septembre.

«Je ne m’immisce pas dans la ligne éditoriale de ces journaux», a affirmé l’homme d’affaires franco-libanais, lors de son audition devant la commission des affaires économiques de la Chambre basse. Il a ajouté : «Les journaux ou chaînes de télévision qu’on a rachetés ont une indépendance, ce sont des journaux qui sont nuancés, qui offrent le pluralisme.» L’entrepreneur répondait au député de La France insoumise René Pilato, qui suggérait une «grande loi de séparation des entreprises et des médias».

Alors que certains économistes des médias, comme Julia Cagé, mettent en garde contre la concentration de grands titres de presse aux mains de quelques milliardaires, Saadé justifie son rachat par le climat délétère du financement des médias, un secteur selon lui «très sinistré» : «Si des investisseurs comme le groupe CMA CGM ne viennent pas, ces médias malheureusement tombent.»

L’armateur CMA CGM détient une branche médias, CMA Media, qui comprend BFM TV, RMC, désormais Brut, et quatre journaux, la Tribune et la Tribune Dimanche, la Provence et Corse-Matin. Le groupe vient également de racheter la chaîne télé Chérie 25 (NRJ Group) pour devenir «RMC Life», rachat validé par l’Arcom ce mercredi 17 septembre.

«Vitalité démocratique»

Le ton de Rodolphe Saadé s’est voulu rassurant face aux parlementaires. Selon lui, les médias ne «représentent qu’une part modeste» des investissements de son groupe, «moins de 5 , mais «répondent à un enjeu majeur, la vitalité démocratique».

«Dans un monde traversé par les fake news, je crois que les industriels ont un rôle à jouer pour défendre le pluralisme, l’indépendance et la qualité de l’information. Si nous voulons continuer à produire de l’information en France et résister à la domination des grandes plateformes, nous devons garantir des groupes de médias solides capables de créer des contenus de qualité et de les diffuser sur tous les supports», s’est-il également défendu.

Ces annonces s’inscrivent dans un climat social tendu, laissant craindre pour les journalistes des rédactions concernées des changements éditoriaux. Vendredi, les Sociétés des journalistes (SDJ) de BFM TV, RMC et la Tribune avaient déploré qu’«une prise de position de Rodolphe Saadé sur l’actualité politique et sociale du pays [ait] été diffusée à l’antenne de BFM TV» jeudi 11 septembre.

Il s’agissait d’extraits d’une tribune publiée dans la Provence au lendemain du mouvement Bloquons tout dans lesquels il était notamment écrit : «Les entreprises ne sont pas des adversaires, elles sont des partenaires de la nation.»

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