Le New York Times, un des journaux les plus vieux (175 ans) et puissants du monde, se porte bien, merci pour lui. Mercredi 6 novembre, le prestigieux quotidien américain a annoncé des résultats trimestriels à faire pâlir n’importe quel patron de presse. En trois mois, le Times a recruté quelque 460 000 abonnés numériques, portant son total à plus de 12,33 millions, toutes offres confondues. Il dépasse ainsi pour la première fois la barre des 12 millions d’abonnés et vise les 15 millions d’ici fin 2027, ce qui est tout simplement unique au monde.
Fidélisation et profit
Cette progression s’explique en partie par la stratégie du journal consistant à regrouper ses différents contenus – les informations, les jeux, les recettes de cuisine, l’information sportive produite par sa marque The Athletic… – au sein d’une seule formule d’abonnement. D’après le rapport financier publié par l’entreprise mercredi, plus de la moitié de ses abonnés numériques sont désormais clients d’une de ces offres bundle, qui favorisent l’usage régulier, la fidélisation, et donc, le profit.
A ce sujet, le New York Times est aussi l’une des rares entreprises de presse à détailler publiquement une des données les plus scrutées : l’Arpu, un acronyme anglais pour nommer l’indicateur qui mesure le revenu généré par chaque client. Ce chiffre, c’est le nerf de la guerre pour toute entreprise dont les revenus proviennent essentiellement d’abonnements. Au dernier trimestre, il s’établit pour les abonnés numériques du New York Times à 9,79$ (8,49 euros). Autrement dit, chaque abonné numérique du quotidien lui rapporte en moyenne cette somme chaque mois.
Archive 2017
Sur un plan financier plus global, tout roule aussi pour le quotidien aux quelque 1 700 journalistes. Il affiche une hausse de 9,5 % de son chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente, à 700,8 millions de dollars sur le trimestre. Le résultat opérationnel atteint 104,8 millions de dollars, tandis que les recettes publicitaires numériques augmentent de plus de 20 %.
«Devenir encore plus essentiels à encore plus de gens»
Evidemment, tout cela est matière à satisfecit pour les dirigeants du quotidien. «Notre stratégie fonctionne comme prévu, affirme la directrice générale du groupe, Meredith Kopit Levien, dans un communiqué. […] Nous sommes confiants dans le fait de pouvoir élargir le nombre de gens qui utilisent et s’impliquent profondément avec le Times. Cela signifie qu’il nous faut devenir encore plus essentiels à encore plus de gens.»
Reste les abonnements papier qui poursuivent leur recul, comme dans le reste de la presse. Le journal n’a plus «que» 570 000 abonnés à son print. Ils étaient 1,1 million, il y a dix ans, en août 2015, lorsque le New York Times annonçait fièrement avoir atteint son premier million d’abonnés numériques.
La seule ombre dans ce tableau pourrait venir de Donald Trump. Le président américain, qui vilipende le titre à longueur de temps – «l’un des journaux les pires et les plus dégénérés de l’histoire de notre pays» –, lui reprochant d’être un soutien du parti démocrate, a déposé le 16 octobre une nouvelle plainte en diffamation à son encontre. Il lui réclame la somme astronomique de 15 milliards de dollars, l’accusant notamment d’avoir publié de fausses informations sur l’origine de sa fortune. Mais la procédure semble pour l’instant avoir peu de chances d’aboutir : une première requête similaire avait été rejetée en septembre, le juge fédéral l’estimant «inappropriée et irrecevable».




