Et une de plus. Le régulateur de l’audiovisuel a publié jeudi une mise en garde à CNews pour des «préjugés sexistes» lors d’un débat animé par Pascal Praud. Lors de l’Heure des pros 2 (l’édition du soir de l’émission), diffusée le 3 avril 2025, la majorité des intervenants avaient critiqué l’introduction de la notion de consentement dans la définition pénale du viol, soulevant l’hypothèse qu’une femme puisse revenir sur son consentement après une relation. Ils avaient aussi «discuté de l’existence de plaintes déposées par des femmes motivées par un “regret”, une “haine des hommes” et un “sentiment de revanche”», écrit l’Arcom sur cette mise en garde, décidée en assemblée plénière le 8 octobre.
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CNews est responsable d’«un manquement caractérisé» à la loi de 1986 qui prévoit que l’Arcom protège «l’image des femmes» en luttant notamment contre «les préjugés sexistes». Certains des propos de Pascal Praud avaient été dénoncés sur les réseaux sociaux. «Il y a beaucoup de femmes qui n’ont pas eu la chance d’être regardées par les hommes et qui de ce fait, nourrissent parfois contre eux un sentiment de revanche», avait-il dit, ajoutant : «C’est vrai aussi à l’inverse, il y a beaucoup d’hommes qui sont très misogynes parce que les femmes ne les ont jamais regardés de leur vie.» L’Arcom a considéré que ces propos, «bien qu’ils aient fait l’objet d’une certaine contradiction, tendaient à entretenir des préjugés sexistes».
Obligations
Le régulateur de l’audiovisuel a le pouvoir d’intervenir auprès des chaînes auxquelles elle donne l’autorisation d’émettre, pour leur rappeler leurs obligations. Dans l’échelle des interventions de l’Arcom, la mise en garde précède la mise en demeure, qui peut déboucher sur une sanction financière.
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Jeudi dernier, l’Arcom avait adressé une mise en garde à France 2 à propos d’un reportage de l’émission d’investigation Complément d’enquête sur le Sénat, le 19 juin. Elle avait notamment regretté «l’absence de mise en perspective» sur les propos d’un collaborateur parlementaire qui dénonçait des faits de harcèlement, et un manque de «mesure» et de «rigueur» dans certaines formulations, comme celle de «sénateurs dealers». En conséquence, l’Arcom a adressé une mise en garde «quant à la nécessité de faire preuve de rigueur et d’honnêteté dans la présentation et le traitement de l’information».




