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Silence radio

«Nicolas, tout le monde t’embrasse» : France Inter donne des nouvelles de Demorand, absent de la matinale

Dans une interview au «Parisien» samedi, Adèle Van Reeth a répondu sur l’absence prolongée du matinalier qui a révélé sa bipolarité en mars. Elle précise avoir demandé à Florence Paracuellos d’être disponible jusqu’à la fin de l’année, «au cas où».

Depuis le jeudi 16 octobre dernier, Nicolas Demorand n’assure plus sa tranche de 7 heures à 9 heures, du lundi au jeudi. (Jean-Marc Barrere/Hans Lucas. AFP)
Publié le 17/11/2025 à 11h28, mis à jour le 17/11/2025 à 11h34

Sa voix ne résonne plus sur les ondes de la première radio de France depuis le 16 octobre. A une exception près, le lundi 3 novembre. Depuis près d’un mois, Nicolas Demorand, journaliste à la tête de la grande matinale de la radio publique aux côtés de Benjamin Duhamel, n’assure plus sa tranche de 7 heures à 9 heures, du lundi au jeudi. Florence Paracuellos, en charge du 19 heures, a pris le relais dès le lundi suivant, ouvrant son journal avec le rocambolesque casse du Louvre.

Après plusieurs semaines de silence radio, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, est revenue sur l’absence de son journaliste emblématique – qui s’est livré en mars sur sa bipolarité de type 2. Elle prend la parole dans une interview accordée au Parisien samedi 15 novembre.

Sans mentionner de raison précise derrière cette absence, Adèle Van Reeth a expliqué que le journaliste radio, qui témoigne de sa maladie mentale et de ses années d’errance médicale dans son livre Intérieur Nuit, avait «besoin de repos». «Pour lui permettre de se reposer sereinement, Philippe Corbé [directeur de l’information de France Inter] et moi avons demandé à Florence Paracuellos d’être disponible jusqu’aux vacances de Noël pour assurer la présentation de la grande matinale, au cas où», poursuit-elle.

La directrice de la radio assure que Nicolas Demorand «reviendra dès qu’il se sentira de nouveau en forme». Et de conclure : «Nous pensons tous beaucoup à lui.»

«Tu nous manques», déclare Florence Paracuellos

Dans son livre autobiographique, dans lequel il brise des années de tabou, le journaliste de 54 ans avait détaillé ses séjours en structure psychiatrique, la manière dont il a annoncé sa maladie à la direction de Radio France, mais aussi les phases de sa bipolarité, «plutôt du côté de la dépression». «C’est une maladie dont on ne guérit pas, qui vous suit, vous harcèle», écrivait-il également, tout en soulignant que ses absences à l’antenne étaient reliées à ses phases les plus dures de sa maladie, avec des jours entiers passés sur son canapé.

Ce lundi matin, Florence Paracuellos a elle aussi salué son collègue à l’antenne en quelques mots, aux alentours de 8 h 20. «Nico, un petit mot pour te dire que tu nous manques. Je garde ta place au chaud, elle t’attend», a déclaré la journaliste, anciennement à la tête du journal de 8 heures, tout en ajoutant que dans ce studio, «tout le monde [l’]embrasse».

Cette absence remarquée intervient dans un contexte plus général de tensions à France Inter, qui a perdu 458 000 auditeurs en un an. Mercredi, les instances représentant les journalistes, producteurs et techniciens de la station ont par ailleurs envoyé une lettre à la direction, déplorant que la radio «perd son âme». Ce lundi, Bertrand Chameroy – qu’Adèle Van Reeth souhaite voir acquérir une «voix plus radiophonique» - a ironisé sur la situation dans sa chronique, en déclarant que de la Maison de la radio, surnommée la Maison Ronde, «ne tourne plus tout à fait rond».

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