Une revue pour résister à l’emprise sur les médias des cathos d’extrême droite – et milliardaires de surcroît –, Pierre-Edouard Stérin et Vincent Bolloré. Le Cri va être lancé en kiosques et par abonnement «fin octobre, début novembre», annonce à l’AFP Théo Moy, directeur de la rédaction et cofondateur du titre avec Paul Piccarreta, qui a travaillé dans la presse chrétienne.
Le magazine espère se faire «un peu le porte-voix» d’«une nouvelle génération de chrétiens plutôt à gauche qu’on voit naître depuis quelques années», à la fois croyants fervents et «très engagés sur les questions écologiques, sociales, féministes», ajoute Théo Moy, ancien journaliste de la Croix. Soit «un journal pour approfondir le désir de radicalité et la soif d’espérance», comme indiqué sur le site internet lecri.media.
Décryptage
Son titre est d’ailleurs une référence directe à l’exhortation du pape François liant «le cri de la terre et le cri des pauvres». Le Cri prendra la forme d’une revue mensuelle, mais s’accompagnera aussi d’un site «fourni quotidiennement» et d’une «présence forte sur les réseaux sociaux», ainsi que d’une chaîne YouTube. «Ce nouveau média accompagne toutes celles et ceux qui luttent pour la justice sociale et écologique», promet sa page internet, qui estime aussi que «de l’Europe aux Etats-Unis, une nouvelle extrême droite veut confisquer le christianisme pour en faire une force de division».
Pour un journalisme «politique et spirituel»
Au-delà des chrétiens – catholiques ou protestants –, le Cri espère toucher un public plus large, avec une inspiration revendiquée du côté de Simone Weil, Martin Luther King, François d’Assise… voire du magazine Society. Sur 68 pages, il proposera «beaucoup de pages magazine, des chroniques, un grand dossier sur un sujet de fond», mais aussi «des choses un peu ludiques» et un cahier spiritualité avec «une forme de renouvellement dans le traitement des questions spirituelles et religieuses», précise son fondateur auprès de l’AFP.
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Le premier numéro comportera un reportage sur le retour de l’iconographie religieuse en Ukraine autour de la mort des soldats et une enquête sur l’extrême droite catholique, détaille le directeur de publication. Les fondateurs, Théo Moy et Paul Piccarreta ont lancé ce mardi une souscription en ligne pour inciter aux préabonnements avant le 30 septembre. L’initiative a recueilli près de 23 700 euros en cette fin de journée.
Pour ceux qui voudront croire «qu’un journalisme politique et spirituel, c’est possible», comme l’indique le site du futur média, le prix prévu en kiosques pour le mensuel est de 7,50 euros. Pas cher payé pour retirer un peu la couverture à Stérin et Bolloré.




