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Liberté de la presse

Venues d’entreprises, d’établissements publics ou de l’extrême droite, les «procédures bâillon» contre la presse se multiplient

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Depuis la fin des années 2010, ces actions en justice abusives sont en nette augmentation. Comme c’est le cas dernièrement pour «Disclose» ou «StreetPress», elles s’attaquent souvent à des organes de presse faiblement dotés pour les réduire au silence.

Lors d'un rassemblement en soutien à la journaliste de Disclose Ariane Lavrilleux en septembre 2023 à Paris. (Rose Lecat/Rose Lecat)
Publié le 17/12/2025 à 6h32

On les appelle «procédures bâillon». Ce sont des actions en justice n’ayant souvent aucune chance d’aboutir mais qui ont des effets redoutables sur les petits médias qu’elles visent, ces derniers perdant beaucoup de temps et d’argent à les combattre. La Coalition Against Slapps in Europe («coalition contre les poursuites bâillons en Europe») en a ainsi recensé plus d’un millier entre 2010 et 2023 sur le continent. Le phénomène n’est donc pas nouveau mais est «en nette augmentation depuis 2017-2018», selon la juriste de l’ONG Sherpa Pauline Delmas, qui pointe des procédures venant de responsables politiques, de puissantes multinationales, et même, désormais, de collectivités publiques. En somme, «des puissances d’argent», qui n’apprécient pas de voir leurs affaires exposées au grand jour.

En France, un des derniers exemples en date concerne Disclose. Comme l’a révélé Challenges début décembre, ce média d’investigation indépendant est visé par une plainte du géant de l’armement Thales pour diffamation publique. En cause,

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