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Libération
Suspicion de parjure

Rachida Dati a une semaine pour apporter des preuves contre «Complément d’enquête» à la commission parlementaire sur l’audiovisuel public

La ministre de la Culture a accusé, sous serment, l’émission d’avoir payé un membre de sa famille pour obtenir des informations.

Rachida Dati devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public le 5 février. (Benoit Tessier/Reuters)
Publié aujourd'hui à 20h38

Il se passe toujours quelque chose avec Rachida Dati. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public a donné lundi une semaine à la ministre de la Culture pour lui transmettre les documents appuyant ses accusations envers le magazine de France 2 Complément d’enquête, selon un courrier obtenu par l’AFP.

« Nous vous saurons gré de nous transmettre, avant le lundi 23 février, les documents attestant la tentative de monnayage d’informations dont vous avez fait état », indique ce courrier signé par le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, et son rapporteur, Charles Alloncle. La commission a également demandé au rédacteur en chef de Complément d’enquête, Tristan Waleckx, de lui fournir avant le 23 février un mail dont il a fait état.

La commission cherche ainsi à déterminer qui de la ministre ou de l’équipe de l’émission dit la vérité. Cela pourrait conduire à une saisine de la justice pour suspicion de parjure, chacun ayant fait des déclarations contradictoires sous serment sur le sujet, devant les députés de la commission d’enquête.

Le magazine avait consacré un numéro à la ministre en 2025. « Ils ont proposé, via un tiers (un journaliste indépendant, NDLR), auprès d’un membre de ma famille, de pouvoir le payer » pour des informations la concernant, avait déclaré Rachida Dati le 5 février devant la commission d’enquête. « Il y a eu des échanges », avait-elle précisé, affirmant avoir les coordonnées de ce tiers.

Les responsables de Complément d’enquête ont été auditionnés jeudi 12 février à leur tour et ont récusé ces propos. « Nous n’avons évidemment pas donné d’argent ou proposé d’argent à quiconque dans l’entourage de Mme Dati, fût-ce par un tiers », a assuré Tristan Waleckx.

Louis Milano-Dupont, l’auteur du reportage, avait précisé avoir reçu « d’un proche de Mme Dati », qui s’est reconnu dans les propos de la ministre en commission, un mail où il affirme que Complément d’enquête ne lui a jamais proposé d’argent. La commission doit reprendre mardi ses auditions avec une série de syndicats de producteurs audiovisuels.

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