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Sarkozy, la taule : meilleure une de «Libé» en 2025, selon vous (et nous aussi)

Vous avez été des milliers à voter pour élire votre une préférée de l’année. Parmi les 33 couvertures de Libé soumises à vos suffrages, plusieurs se détachent nettement. Plutôt qu’un classement, toujours délicat à manipuler s’agissant de faits d’actualité, en voici les coulisses.

(DR)
Publié le 26/12/2025 à 19h52

Un titre, une image et un graphisme, tels sont les éléments – pas toujours dans cet ordre – que combine tous les jours la première page de Libération. Vitrine du quotidien, elle vous fait réagir en kiosque ou sur les réseaux, et à l’heure des bilans, on a voulu connaître celle qui vous a le plus marqués cette année. De l’accession de Trump au pouvoir à la chute de Bayrou, de la guerre à Gaza au conflit ukrainien, de la mort de Le Pen à celle de Lynch… l’actualité de l’année a été forte en tensions, entre accords et désaccords.

Sarkozy, une typo comme des barreaux

Evénement politique majeur, la condamnation à de la prison ferme d’un ancien président de la République a logiquement fait la une de Libé le 26 septembre. Titrée «la taule», en transparence, devant une image de Sarkozy, cette une a été élue par 17 % d’entre vous comme celle de l’année. «Certains s’en réjouissent. Pas nous. La condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison avec mandat de dépôt différé a sans doute provoqué ici ou là des réactions de joie, une bonne blague ici, des éclats de rire là, à tout le moins des sourires. […] Réactions à courte vue», écrivait dans son éditorial Paul Quinio. Tout l’enjeu de cette une était en effet de se tenir à distance raisonnable de la facilité. «J’ai voulu faire passer l’idée de l’emprisonnement au-delà des mots, en utilisant la typographie comme des barreaux», explique a posteriori Charlotte Terrasse, graphiste, en charge de la une ce soir-là. Journalistes, iconographes, direction de la rédaction ont débattu de cette proposition, sur une ligne de crête, avant qu’elle ne s’impose.

Le Pen, ses chiens et Pétain

Le même genre d’interrogations a parcouru la réunion pour la une du lendemain de la mort de Jean-Marie Le Pen, que vous avez été 8 % à saluer. Le fondateur du Front national pose fièrement devant l’objectif d’Helmut Newton avec ses deux chiens, agrémenté d’un «Maréchal, le voilà» assumé. Là aussi, pas question de se réjouir de la mort de quelqu’un, quand bien même il représente politiquement des idées que Libération combat depuis toujours. Après un premier essai avec «Sans pleurs ni couronnes», au cours d’une longue réunion où les propositions plus ou moins pertinentes ont été nombreuses, la référence à Pétain est finalement apparue comme assez juste pour évoquer ce personnage politique auquel Libé a consacré de multiples premières pages.

Gaza, un enfant de dos et une polémique

Plus tard dans l’année, au cœur de l’été, le titre «Gaza, la faim» et l’image d’un enfant malade, dénutri, dans un camp de réfugiés, le 24 juillet, ont touché 13 % d’entre vous. Comment parler de la guerre qui sévit depuis déjà près de deux ans, alors que chaque mention du conflit déchaîne les passions d’un camp comme de l’autre ? En suivant, le plus objectivement possible, le fil de l’actualité, telle est la ligne à Libé. Là encore, il s’agit d’éviter les effets de manche. Mais si le titre s’impose par sa sobriété, l’image d’un enfant dénutri, de dos, fait débat dès sa publication et polémique sur les réseaux sociaux, boostés par des IA défaillantes. «Non, Libération n’a pas utilisé une photo du Yémen datant de 2016 pour illustrer la famine à Gaza.» Contre les accusations de propagande, Checknews, le service de fact-checking de Libération, a dû retracer la source de l’image pour justifier ce choix : «Ce cliché montre, de dos, un petit garçon âgé de 2 ans. Il s’appelle Yazan et a été photographié le mercredi 23 juillet dans le camp de réfugiés de Al-Shati, à Gaza, par Omar Al-Qattaa, pour l’AFP.»

«Super trempe» pour Bayrou, «pape patrouille» pour Léon XIV

Côté jeux de mots, vous avez relevé la «Super trempe» (le jour de la mort de Rick Davies, cofondateur du groupe anglais Supertramp) infligée à Bayrou lors de son vote de confiance perdu à l’Assemblée, le 9 septembre, et déploré avec nous «la peine capitole», le 21 janvier, au moment de l’arrivée effective de Donald Trump à la Maison Blanche, avant de vous inquiéter d’une «Amérique en science inverse», le 7 mars. Mention spéciale enfin à «la pape patrouille» et son cortège de robes rouges lors du conclave qui a visiblement fait sourire un certain nombre d’entre vous et également remporté, lors du grand prix des médias CB news, celui de la meilleure une de l’année.

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