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«Un sentiment d’irrespect de LVMH à l’égard du métier de journaliste» : la rédaction des «Echos» vote massivement pour la grève

Les journalistes du quotidien économique ont approuvé ce jeudi un appel au débrayage pour dénoncer les propositions salariales de la direction. Le journal ne paraîtra pas vendredi.

89% des 190 votants ont approuvé la grève. (Martin Bureau/AFP)
Publié le 15/01/2026 à 19h42

Les lecteurs des Echos ne trouveront pas leur quotidien en kiosque vendredi. Les journalistes du média économique ont voté ce jeudi 15 janvier en faveur d’une grève, approuvée par 89 % des 190 votants (sur 206 inscrits), selon un communiqué des élus de la rédaction soutenu par tous les syndicats. Le journal ne paraîtra pas et son site ne sera pas alimenté jusqu’à midi. Sollicitée par l’AFP, la direction n’a pas fait de commentaire.

Les grévistes jugent insuffisantes les propositions de la direction dans le cadre des négociations salariales. Selon les travailleurs mobilisés, la direction ne veut pas aller au-delà de 1 % d’augmentation de la masse salariale, réparti en 0,3 % pour les augmentations collectives et 0,7 % pour les augmentations individuelles. «Aux Echos tout augmente – le prix de l’abonnement, le nombre d’abonnés et la quantité de travail – sauf les salaires», dénoncent les élus dans leur communiqué. «Le motif profond de cette grève est le sentiment prégnant d’irrespect des dirigeants du pôle presse de LVMH à l’égard du métier de journaliste», poursuivent-ils, en assurant que les dernières évolutions du journal ont été faites «sur la surmobilisation des salariés».

«Notre actionnaire ne cesse de racheter des titres de presse»

Les Echos font partie du groupe les Echos-le Parisien (qui comprend aussi le quotidien le Parisien-Aujourd’hui en France et Radio Classique), propriété du géant du luxe LVMH, dirigé par le milliardaire Bernard Arnault. Fin 2025, ils ont renforcé leur offre week-end avec une nouvelle formule de leur magazine et de nouveaux formats numériques. De nouveaux changements sont attendus au mois de mars, avec l’apparition de nouveaux cahiers thématiques dans le quotidien du vendredi.

«On nous invoque des raisons économiques, sauf que notre actionnaire ne cesse de racheter des titres de presse», estiment les élus. Et pour cause : LVMH a acquis fin 2025 les magazines Challenges, Sciences et Avenir et la Recherche, pour un euro symbolique. Le géant du luxe a aussi racheté en 2025 la totalité du quotidien libéral l’Opinion et du site d’actualité financière l’Agefi, dont il détenait déjà des parts.

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