La menace planait depuis la semaine dernière, elle est désormais mise à exécution. Réuni en assemblée générale ce jeudi 29 janvier à midi, le personnel de l’Agence France-Presse (AFP) a voté un mouvement de grève de cinq heures, entre 15 heures et 20 heures. Les salariés et les syndicats protestent contre une réforme de l’expatriation des journalistes présentée vendredi par la direction de l’agence. L’appel à la grève a été lancé par l’ensemble des organisations syndicales de l’AFP (CGT, SNJ, FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC), à l’exception notable de SUD, qui plaidait, elle, pour une motion de défiance visant le PDG, Fabrice Fries.
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La direction de l’agence, confrontée à une baisse de ses revenus, veut faire 6 millions d’euros d’économies cette année et entre 10 et 12 millions à partir de 2027. Elle prévoit notamment pour cela de réduire les coûts de son dispositif d’expatriation des journalistes (ils sont aujourd’hui 270 dans ce cas) en le rendant moins avantageux pour la plupart d’entre eux. Vendredi, après le CSE où ce plan a été dévoilé, une assemblée générale des salariés s’était réunie pour protester contre ce «projet de casse», appelant à des négociations sur le sujet. La réponse de la direction, qui se disait ouverte à des discussions, mardi soir, n’a visiblement pas convaincu.
L’AFP emploie 2 600 salariés (dont 1 800 journalistes) de 100 nationalités et fournit de l’information en six langues, en texte, photo, vidéo. Elle n’est pas une entreprise publique mais n’a pas d’actionnaires, et ses clients, dont l’Etat français, siègent à son conseil d’administration. Outre ses revenus commerciaux, elle reçoit de l’Etat français une compensation des coûts liés à ses missions d’intérêt général (119 millions d’euros en 2024 sur un chiffre d’affaires de 326 millions d’euros).
Toujours dans un souci d’économie, en décembre, un plan de départs volontaires à la retraite s’est soldé par le départ de 46 personnes, dont 24 postes n’ont pas été remplacés, essentiellement au «desk» parisien. Ce qui fait craindre «un rabougrissement du texte francophone» à une source syndicale.




